Publié le 18 février 2026 00:57:00. Une collision aérienne entre un avion de ligne et un hélicoptère de l’armée américaine au-dessus de Washington a fait 67 morts en janvier 2025. Une enquête révèle que l’accident aurait pu être évité grâce à un simple système de communication.
- La collision s’est produite à environ 800 mètres des pistes de l’aéroport Ronald Reagan de Washington.
- Un système d’information sur le trafic, l’ADS-B, aurait pu avertir les pilotes de la présence de l’autre appareil.
- L’enquête pointe du doigt des erreurs de la part de la FAA, de l’armée et du contrôle aérien.
La catastrophe s’est produite le 29 janvier 2025, vers 20h47. L’avion, un Bombardier CRJ701ER exploité par PSA Airlines pour le compte d’American Airlines, et l’hélicoptère Black Hawk de l’armée américaine sont entrés en collision au-dessus de la rivière Potomac. Les 64 passagers et membres d’équipage de l’avion, ainsi que les trois militaires à bord de l’hélicoptère, ont péri. Il s’agit du plus grave accident aérien aux États-Unis depuis plus de 20 ans.
Le rapport final de l’enquête, rendu public mardi par le National Transportation Safety Board (NTSB), met en évidence une série de défaillances qui ont conduit à la tragédie. L’enquête révèle que l’accident aurait pu être évité si les deux appareils avaient été équipés d’un système d’information sur le trafic appelé ADS-B (Automatic Dependent Surveillance-Broadcast). Ce système permet aux aéronefs de diffuser leur position, leur vitesse et d’autres données aux autres appareils et aux stations au sol.
L’avion avait bien activé son émetteur ADS-B (ADS-B Out), mais l’hélicoptère n’était pas équipé du récepteur correspondant (ADS-B In). Ainsi, aucun des deux pilotes n’a pu voir l’autre sur son écran. Selon Jennifer Homendy, présidente du NTSB,
« Cela aurait pu être évité. Cela aurait pu être évitable à 100 pour cent. »
L’enquête a également révélé des lacunes dans les procédures de la Federal Aviation Administration (FAA) et de l’armée américaine. La FAA est critiquée pour avoir autorisé des trajectoires de vol trop proches entre l’avion de ligne et les hélicoptères militaires, et pour avoir minimisé les risques de sécurité. L’armée est quant à elle pointée du doigt pour ne pas avoir suffisamment sensibilisé son équipage à la présence de l’avion de ligne.
Le NTSB souligne également que le manque de personnel dans la tour de contrôle aérien a contribué à l’accident. Une seule personne était chargée de fonctions qui en requéraient deux, ce qui a entraîné une mauvaise priorisation des tâches et un manque d’informations cruciales pour les pilotes. Le rapport indique qu’il n’y avait « aucun processus d’évaluation des risques, ce qui conduisait à une mauvaise priorisation des tâches, à des informations insuffisantes sur le trafic et à un manque d’avertissements de sécurité aux deux équipages de conduite ».
Les enquêteurs n’ont pas pu déterminer avec certitude si l’équipage de l’hélicoptère avait réellement aperçu l’avion avant l’impact. Ils ont reçu un avertissement de la tour de contrôle aérien concernant la présence du vol 5342 et ont confirmé l’avoir vu, mais il est possible qu’ils aient confondu l’avion avec un autre appareil.
Le NTSB n’a pas le pouvoir d’imposer des changements réglementaires, mais ses recommandations ont déjà suscité un débat politique sur la nécessité d’exiger l’installation du système ADS-B In sur tous les aéronefs. Le sénateur Ted Cruz a présenté un projet de loi en ce sens, estimant que
« Ils avaient été prévenus de la position de chacun presque une minute avant la collision et 67 personnes étaient en vie aujourd’hui. »
L’enquête met en lumière une série d’erreurs humaines et de défaillances systémiques qui ont conduit à cette tragédie. Elle souligne l’importance cruciale de la communication, de la coordination et de la vigilance dans le domaine de l’aviation civile et militaire.