Publié le 11 février 2026 17h02. Avec Crime 101, Bart Layton signe un thriller policier élégant, porté par un casting prestigieux, qui évoque l’atmosphère sombre et stylisée du classique de Michael Mann, Heat, en attendant la suite tant attendue de ce dernier.
- Marc Ruffalo incarne un policier obstiné, hanté par un voleur insaisissable qui opère le long de l’autoroute 101 à Los Angeles.
- Chris Hemsworth interprète ce voleur méthodique, dont la vie solitaire est bouleversée par une rencontre amoureuse.
- Barry Keoghan apporte une touche d’énergie brute au film, rappelant son jeu dans la série Love/Hate.
Le nouveau film de Bart Layton, adapté d’une œuvre de Don Winslow, se déroule dans les rues de Los Angeles et explore les motivations d’un criminel méticuleux et celles d’un policier déterminé à le traquer. L’intrigue suit Lou Lubesnick (Marc Ruffalo), un enquêteur usé par les années, qui se consume à comprendre le fonctionnement de Mike Davis (Chris Hemsworth), un voleur qui semble toujours avoir une longueur d’avance.
Davis mène une existence discrète, dans un appartement minimaliste, et évite les relations durables. Cependant, sa rencontre avec une femme (Monica Barbaro) pourrait bien compromettre sa liberté et le forcer à prendre des risques qu’il n’avait pas envisagés. Le film explore cette dynamique complexe, tout en soulignant l’isolement et l’aliénation qui caractérisent la vie dans une métropole tentaculaire comme Los Angeles.
Layton, connu pour son film American Animals, utilise des plans aériens saisissants pour illustrer l’immensité de la ville et l’effet dépersonnalisant des autoroutes nocturnes. La bande originale de Blanck Mass renforce cette atmosphère oppressante et hypnotique. Le réalisateur ne cherche pas à masquer ses influences, notamment le film Heat de Michael Mann, dont il reprend certains codes esthétiques et narratifs.
Le casting de Crime 101 est un atout majeur. Ruffalo, légèrement corpulent, conserve son charme désabusé. Hemsworth, d’une beauté presque irréelle, évoque parfois Steve McQueen. Halle Berry, dans le rôle d’une courtier d’assurance lésée, apporte une touche de cynisme et de désespoir. Mais c’est Barry Keoghan qui vole véritablement la vedette, insufflant à son personnage une énergie sauvage et imprévisible, rappelant son travail dans la série télévisée irlandaise Love/Hate.
Malgré ses qualités, Crime 101 manque peut-être d’une certaine profondeur. Le film est moins cynique et plus sentimental que Heat. Le personnage de Davis, contrairement à celui de Neil McCauley interprété par Robert De Niro, est un amoureux qui n’a jamais utilisé une arme avec violence. Il est davantage un Robin des Bois qu’un criminel impitoyable.
Bien que le film ne fasse pas preuve d’un réalisme absolu, il reste un divertissement solide et bien réalisé. La performance de Barry Keoghan, en particulier, est remarquable et confirme son statut d’acteur talentueux et prometteur.