Publié le 2025-10-31 07:55:00. La comète 3I/ATLAS, un visiteur venu d’ailleurs, a récemment atteint son point le plus proche du Soleil avant de reprendre sa route vers les confins de l’espace. Sa trajectoire permet aux astronomes de continuer son observation pendant plusieurs mois, offrant une opportunité unique d’étudier un objet d’un autre système stellaire.
- La comète 3I/ATLAS est le troisième objet d’origine interstellaire détecté traversant notre système solaire.
- Elle offre aux scientifiques la possibilité d’analyser la composition de matière formée il y a des milliards d’années, potentiellement avant notre propre système solaire.
- Plusieurs télescopes spatiaux et missions sont mobilisés pour étudier cet astre, malgré les défis techniques que représente son observation.
La comète 3I/ATLAS, récemment passée à environ 203 millions de kilomètres (126 millions de miles) du Soleil, a entamé son périple hors de notre système solaire. Bien qu’actuellement invisible depuis la Terre car dissimulée derrière notre étoile, elle reste à la portée des instruments d’observation au cours des prochains mois, selon les confirmations d’astronomes relayées par le site EarthSky.
Les astronomes prévoient que dès le 11 novembre, les observateurs équipés de télescopes devraient pouvoir la repérer à nouveau avant l’aube. Son passage le plus proche de la Terre est prévu pour le 19 décembre, à une distance d’environ 270 millions de kilomètres (168 millions de miles), une proximité jugée sans aucun danger par l’Agence spatiale européenne (ESA).
La découverte de 3I/ATLAS le 1er juillet 2025 fait de cette comète le troisième visiteur interstellaire recensé dans notre système solaire, après Oumuamua en 2017 et 2I/Borissov en 2019.
Qu’est-ce qu’une comète interstellaire ?
Les comètes sont considérées comme des vestiges de la formation des systèmes stellaires, composées de glace, de poussière et de roches. Lorsqu’elles s’approchent d’une étoile, leur chaleur provoque l’évaporation de la glace, libérant des gaz et des poussières qui forment la chevelure et la queue lumineuse caractéristiques que l’on peut observer dans le ciel.
L’intérêt majeur des observations de 3I/ATLAS réside dans sa proximité avec le Soleil, qui permet d’analyser la composition des matériaux évaporés. Cette analyse peut révéler des informations précieuses sur les conditions de formation de son système d’origine.
« Lorsque la comète est au plus près du Soleil, nous pouvons observer son noyau plus clairement », explique Darryl Seligman, astrophysicien à la Michigan State University.
Il souligne que l’une des questions centrales pour les scientifiques concerne la nature des substances volatiles contenues dans la comète, car elles sont le reflet de l’environnement dans lequel le système stellaire d’où elle est issue est né.
Données issues de multiples télescopes spatiaux
La comète 3I/ATLAS a été capturée par plusieurs télescopes spatiaux de renom, notamment le télescope spatial Hubble, le télescope spatial James Webb (JWST), ainsi que par des missions de la NASA comme SPHEREx et des observatoires européens.
Les observations menées par SPHEREx et le JWST ont permis de détecter le dégagement de dioxyde de carbone, d’eau, de monoxyde de carbone, de sulfure de carbonyle et de glace d’eau à la surface de la comète lors de son approche du Soleil, selon l’ESA.
Les premières analyses suggèrent que 3I/ATLAS pourrait être âgée de 3 à 11 milliards d’années, la rendant potentiellement plus ancienne que notre propre système solaire, estimé à environ 4,6 milliards d’années.
Darryl Seligman avance que la détection de dioxyde de carbone pourrait indiquer que la comète n’a jamais été aussi proche d’une étoile auparavant. En effet, cet élément s’évapore facilement sous l’effet de la chaleur, et une exposition préalable aurait diminué sa quantité présente.
Les missions spatiales poursuivent leur œuvre
Bien que la comète devienne inobservable pour les télescopes terrestres à partir d’octobre, elle reste à la portée d’engins spatiaux. Des missions comme PUNCH et SOHO, ainsi que des sondes s’étant approchées à moins de 30 millions de kilomètres de Mars le 3 octobre, continuent de suivre sa trajectoire.
Cependant, la fermeture partielle des agences gouvernementales américaines depuis début octobre a entraîné des retards dans la publication des données de certaines missions de la NASA. L’ESA, quant à elle, poursuit ses observations grâce à Mars Express et au Trace Gas Orbiter (TGO) de la mission ExoMars, qui ont réussi à capturer des images de la comète sous la forme de minuscules points lumineux diffus.
« C’est une observation extrêmement difficile, car les comètes sont 10 000 à 100 000 fois plus lumineuses que les objets pour lesquels le télescope a été conçu », explique Nick Thomas, responsable de l’équipe ExoMars.
En novembre, le télescope spatial JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) tentera également de capter la comète 3I/ATLAS, bien qu’elle sera alors plus éloignée que lors de son passage près de Mars. Les scientifiques s’attendent à pouvoir analyser ces nouvelles données aux alentours de février 2026.
« Nous avons encore beaucoup de temps pour l’observer, et nous sommes certains de faire de nouvelles découvertes scientifiques grâce à ses données », conclut Darryl Seligman.
La comète 3I/ATLAS continuera son périple à travers le système solaire pendant plusieurs mois encore, avant de disparaître dans l’immensité obscure de l’espace.