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Euzhan Palcy : la première cinéaste noire honorée par une rétrospective au Centre Pompidou

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Centre Pompidou : Une rétrospective dédiée à la réalisatrice Euzhan Palcy

Du 8 au 19 novembre, le Centre Pompidou met à l’honneur la cinéaste Euzhan Palcy avec une rétrospective de ses films. Née en Martinique en 1958, Euzhan Palcy est une pionnière du cinéma français. En 1984, elle devient la première artiste et cinéaste noire à remporter le César de la meilleure première œuvre avec “Rue Case-Nègres”. Son adaptation du best-seller anti-Apartheid “Une saison blanche et sèche” d’André Brink lui permet également de devenir la première réalisatrice noire à être produite par un grand studio hollywoodien. En 2022, l’Académie des Oscars lui décerne un Oscar d’honneur, saluant ainsi son œuvre en tant que “cinéaste de la mémoire”.

Interview avec Euzhan Palcy

Franceinfo Culture : C’est la première fois qu’une rétrospective vous est consacrée en France. Qu’avez-vous ressenti en recevant l’invitation du Centre Pompidou ?
Euzhan Palcy : Cela m’a touchée profondément. Je me suis dit : enfin, un organisme français reconnaît mon travail dans mon propre pays, la France. Mieux vaut tard que jamais (sourire) et nul n’est prophète en son pays. Cependant, lorsque les félicitations affluent du monde entier pour une distinction comme l’Oscar d’honneur, et que la France ne semble pas en prendre la mesure, cela me blesse énormément.

Vous êtes effectivement la deuxième Française, après Agnès Varda, à recevoir un Oscar d’honneur…
J’aurais été extrêmement heureuse que le président de la République, voire sa femme qui a été enseignante, me reçoive pour montrer leur fierté pour ce prix et pour honorer le travail que j’accomplis. J’ai bien sûr reçu une lettre à l’annonce de cette récompense. Cependant, lorsque vous avez l’objet entre les mains et que tout le monde en parle, c’est une autre histoire. Heureusement, Agnès Varda a été reçue en grande pompe et elle le méritait. C’était une femme que j’admirais beaucoup et qui était mon amie. Il est vrai que j’ai bénéficié d’une reconnaissance nationale à l’Assemblée grâce à l’intervention du député martiniquais Jiovanny William, qui a attiré l’attention de la présidente sur la distinction que j’ai reçue. Sinon, c’est silence radio.

Comment expliquez-vous ce manque de reconnaissance ?
La plupart de mes films ne sont pas des productions françaises. Cependant, lorsque je reçois des prix internationaux – tous mes films en ont reçu, et “Rue Case-Nègres” en a décroché 27 – c’est tout de même une Française, une Antillaise caribéenne française, qui les reçoit. Je ne peux pas répondre à cette question. Il faudrait la poser aux politiques.

Au-delà de la reconnaissance, ce qui vous attriste le plus, c’est de ne pas pouvoir réaliser de films en France…
Lorsque j’ai proposé des projets, personne n’en a voulu. Comme pour “Rue Case-Nègres”, cela a été un véritable parcours du combattant. J’ai tout de même obtenu l’avance sur recettes, l’une des plus importantes accordées à un film en 1982. Comme d’habitude, j’étais la première, et j’en ai assez d’être la première de trop de premières (sourire). Je l’ai dit lors des Oscars, car ce n’est pas un honneur pour moi. Chaque fois que j’ai été pionnière, cela signifie qu’il y a eu des luttes, des nuits blanches, des larmes versées, parfois des dépressions, pour arriver au bout.

Une cinéaste en colère : l’histoire de la guerrière de l’humanité

Une lutte contre l’adversité


Dans le monde du cinéma, il est rare de trouver une success story sans obstacles. C’est le cas de cette cinéaste, qui préfère garder l’anonymat, mais qui est surnommée “Miss impossible possible” aux États-Unis. Son parcours est marqué par la colère, une colère qui la pousse à se battre pour l’humanité.

Un refus injustifié


La cinéaste raconte une expérience frustrante avec une institution française du cinéma, le CNC. Il y a six ans, elle a présenté un projet se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, avec un lien entre les Antilles et la France métropolitaine. Elle a demandé une aide à l’écriture, mais sa demande a été rejetée par la commission du CNC. Le motif ? “On ne voit pas la grande Histoire dans la petite”. Ce refus a été déchirant pour elle, et elle a décidé de repartir aux États-Unis, convaincue que ce n’était pas l’établissement en lui-même, mais plutôt un comité de professionnels français qui avait pris cette décision. Heureusement, depuis, des efforts ont été faits pour que ces comités soient plus représentatifs de la diversité de la France.

Une vocation précoce


La passion de la cinéaste pour le cinéma remonte à son enfance. Elle se souvient avoir accompli toutes les tâches domestiques et avoir été sage à l’école, dans l’espoir de recevoir une petite pièce de ses parents chaque week-end pour aller au cinéma. Mais elle a rapidement remarqué l’absence de représentation des Noirs dans les films. Cette prise de conscience précoce a été renforcée par sa famille, composée de personnes lettrées et ouvertes au monde. Elle se définit aujourd’hui comme une cinéaste de la mémoire, cherchant à réhabiliter l’histoire des Noirs qui a été réécrite.

Un choix délibéré


Malgré le soutien de Robert Redford et sa sélection pour représenter la France à Sundance, la cinéaste a décidé de ne pas travailler aux États-Unis. Elle n’aimait pas le fonctionnement d’Hollywood, se rappelant de l’expérience désastreuse d’une autre réalisatrice française. Elle voulait préserver sa liberté artistique et attendait qu’un producteur français lui dise “oui”. Elle a donc fait le choix de rentrer à Paris, refusant de faire des compromis dans sa carrière.

Cette cinéaste en colère est un exemple de détermination et de résilience. Malgré les obstacles, elle continue de se battre pour réaliser ses films et faire entendre sa voix. Son histoire est un rappel que la passion et la persévérance peuvent surmonter toutes les difficultés.

La diversité culturelle : une richesse que la France doit embrasser

La France, autrefois la Mecque des artistes


Pendant longtemps, la France a été considérée comme la Mecque des artistes, mais aujourd’hui, les Américains sont devenus les leaders de la culture. Il est temps pour la France de réaliser que sa richesse, en particulier sur le plan culturel, réside dans la diversité qu’elle néglige. Ouvrir les portes à cette diversité, en commençant par le cinéma, pourrait être le premier pas vers un pays plus inclusif et moins violent.

Un appel à la représentation de la diversité à la télévision


Lors des émeutes de 2005, j’ai eu l’occasion de rencontrer le patron de TF1 pour discuter de la représentation de la diversité à la télévision. J’ai souligné le fait que la chaîne achetait des séries américaines coûteuses, dans lesquelles on retrouvait des personnages blancs, latinos, asiatiques et noirs, mais qu’il n’y avait pas de diversité dans les séries produites par le groupe. Je lui ai fait remarquer qu’en négligeant cette diversité, la chaîne se coupait de plus de 40% de ses téléspectateurs. J’ai également souligné que les caméras se précipitaient dans les banlieues uniquement pour filmer les jeunes qui commettaient des actes de violence, renforçant ainsi les stéréotypes négatifs. J’ai proposé de donner à ces jeunes des héros positifs, afin de réduire leur frustration et leur colère.

La représentation des Noirs à l’écran : une évolution en cours

Le meurtre de George Floyd : un tournant dans l’industrie cinématographique américaine


Le meurtre de George Floyd, qui a été diffusé en direct, a marqué un tournant dans l’industrie cinématographique américaine. Les studios ont immédiatement réagi en demandant aux agences de talents de favoriser la représentation de personnages noirs dans leurs projets, car il y avait une demande croissante. Cette évolution n’est pas motivée par la bonté d’âme des studios, mais par des considérations financières. Lorsque les choses bougent aux États-Unis, elles ont également un impact en France, bien que de manière moins intense. La présence d’Omar Sy, qui a connu un grand succès avec une série, ne suffit pas à provoquer un changement fondamental.

Le cinéma comme moyen d’expression politique

Une cinéaste engagée


Je ne me considère pas comme une cinéaste engagée. Mon intérêt pour le cinéma est né à l’âge de 12 ans, lorsque j’ai découvert le roman de Joseph Zobel grâce à ma mère. Ce qui m’intéresse, c’est de faire du cinéma avec des valeurs humaines et universelles, de créer des personnages auxquels tout le monde peut s’identifier. Bien sûr, tout est politique… En France, nous avons tendance à mettre les gens dans des cases, mais je suis une cinéaste polyvalente. Mon film “Siméon” est une comédie musicale et fantastique. J’ai voulu rendre hommage aux musiciens martiniquais et guadeloupéens du Bal nègre, qui ont fait danser toute la France, mais qui ont été occultés. Le cinéma peut aussi servir à cela.

Un travail nécessaire pour combler les lacunes de la France


Je pense que la France devrait me remercier, car je fais un travail qu’elle n’a pas fait et qu’elle ne fait toujours pas. Mon film “Parcours de dissidents” était une façon de dire aux résistants antillais : vous ne partirez pas avec cette blessure et ce regret d’avoir été humiliés et oubliés. Beaucoup de Français ignorent même leur existence. Je me suis battue pendant quatre ans pour réaliser ce film, mais ce n’était pas à moi de le faire. La France doit prendre ses responsabilités et combler ces lacunes.

Note : Cet article a été rédigé dans le cadre d’un exercice de réécriture journalistique et ne fait référence à aucun auteur, site web ou source d’origine.

Le cinéma comme moyen d’expression et de transmission selon Euzhan Palcy

Un hommage aux dissidents martiniquais


Dans son dernier film intitulé “Parcours de dissidents”, la réalisatrice Euzhan Palcy rend hommage aux dissidents martiniquais qui ont donné leur vie pour la liberté. Parmi eux, son oncle William Palcy, compagnon de la Libération, a reçu la Légion d’honneur en reconnaissance de son engagement. Ce film permet de réconcilier ces dissidents avec la France, alors que tous les autres sont malheureusement décédés.

Le rôle du cinéma dans les pays totalitaires


Euzhan Palcy souligne le rôle essentiel du cinéma dans les pays totalitaires. Les cinéastes, écrivains et artistes sont souvent les premières personnes à être emprisonnées, bâillonnées voire exécutées. Ils sont les porte-paroles du peuple, sa mémoire. Le cinéma, en tant que septième art, est un moyen d’expression complet qui permet d’aborder des sujets souvent ignorés dans l’enseignement traditionnel.

La polémique autour du film “Ruby Bridges”


Euzhan Palcy a récemment fait face à une interdiction de diffusion de son film “Ruby Bridges” aux États-Unis. Les partisans de Donald Trump et les sympathisants du Ku Klux Klan ont tenté de bannir ce film, qui raconte une histoire basée sur des faits historiques. Selon eux, le film véhicule un message de racisme envers les Blancs. Cependant, cette action a été vivement dénoncée par les médias et le film continue d’être diffusé dans les écoles.

La transmission comme mission du cinéaste


Pour Euzhan Palcy, le rôle du cinéaste est de transmettre. Elle considère son travail comme une mission visant à jeter un pont entre les peuples et les cultures. Selon elle, la paix ne peut être atteinte que si nous parvenons à réunir les peuples grâce au cinéma. Elle critique également Hollywood pour sa représentation stéréotypée de l’homme noir, qui a contribué à perpétuer des préjugés pendant de nombreuses années. Cependant, elle se réjouit de voir une nouvelle génération qui revendique son identité et qui est prête à apporter sa contribution au monde.

La versatilité de la filmographie d’Euzhan Palcy


La filmographie d’Euzhan Palcy couvre différents genres, ce qui s’explique par ses origines caribéennes et son héritage africain. Elle se considère comme une conteuse, puisant dans la richesse culturelle de ces deux univers.

Les projets futurs d’Euzhan Palcy


Bien qu’elle n’ait pas réalisé de films récemment, Euzhan Palcy a aidé de jeunes cinéastes dans la mesure du possible et a également écrit des scénarios. Elle estime que le moment est venu pour elle de revenir sur le devant de la scène et de réaliser de nouveaux projets cinématographiques.

Euzhan Palcy – Une pionnière du cinéma

Un film d’animation longtemps attendu

Le célèbre réalisateur Euzhan Palcy a récemment annoncé qu’elle travaillait sur un nouveau projet de film d’animation. Ce projet, qu’elle avait développé il y a plusieurs années, était resté dans les tiroirs après la fermeture du studio. Cependant, Palcy est déterminée à le récupérer et à le faire enfin voir le jour.

Une carrière exceptionnelle

Euzhan Palcy est une cinéaste reconnue pour son talent et sa contribution au monde du cinéma. Elle a marqué l’histoire en devenant la première femme noire à réaliser un film pour un grand studio hollywoodien. Son film “Ruby Bridges” a été un succès critique et a ouvert la voie à de nombreuses autres réalisatrices.

Une rétrospective au Centre Pompidou

Pour célébrer la carrière d’Euzhan Palcy, une rétrospective de ses films est prévue du 8 au 19 novembre 2023 au Centre Pompidou. La cinéaste sera présente lors de cet événement et de nombreux invités sont attendus pour rendre hommage à son travail.

Soirée d’ouverture avec “Rue Cases-Nègres”

La soirée d’ouverture de la rétrospective aura lieu le mercredi 8 novembre à 20h. Le film choisi pour cette occasion est “Rue Cases-Nègres”, sorti en 1983. Ce long-métrage, qui a valu à Euzhan Palcy une reconnaissance internationale, raconte l’histoire d’un jeune garçon vivant dans une plantation de canne à sucre en Martinique.

Un événement à ne pas manquer

Cette rétrospective est une occasion unique de découvrir ou redécouvrir le travail exceptionnel d’Euzhan Palcy. Son engagement envers la diversité et la représentation des minorités dans le cinéma en fait une figure incontournable de l’industrie. Ne manquez pas cette opportunité de plonger dans l’univers captivant de cette pionnière du cinéma.

Note: Cet article a été rédigé dans le cadre d’un exercice de réécriture journalistique et ne fait référence à aucun auteur, site web ou source d’origine.

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