Publié le 2025-10-18 13:40:00. Une semaine après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, des signes de reprise de la vie civile émergent à Gaza, tandis que la crise humanitaire demeure profonde et que des incidents sporadiques continuent de se produire.
Malgré la fragilité du cessez-le-feu en vigueur depuis une semaine, des images d’une vie quotidienne reprenant son cours à Gaza commencent à apparaître. Mosquées, banques et boulangeries rouvrent timidement leurs portes, offrant un aperçu de normalité deux ans après le début de la campagne militaire israélienne. Cependant, l’enclave palestinienne reste plongée dans une crise humanitaire et sociale profonde, dont le redressement s’annonce long. Des attaques sporadiques de l’armée israélienne contre des cibles civiles sont toujours signalées.
Vendredi, la mosquée centenaire Sayed al-Hashim, dans la ville de Gaza, a rouvert ses portes pour la prière du vendredi, réunissant des centaines de fidèles, comme l’ont montré des images d’Al Jazeera. Samedi, la Banque de Palestine, principale institution financière de l’enclave, a annoncé la réouverture de deux succursales à Deir el Balah et Nuseirat, dans le centre de Gaza, dès dimanche. « Nous vous souhaitons la bienvenue dans nos services bancaires et vous souhaitons sécurité et protection », a indiqué l’institution dans un communiqué.

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a également annoncé que ses plus de 8 000 enseignants se tiennent prêts à accompagner la reprise des études pour les enfants. Des organisations œuvrant dans le domaine de l’éducation ont commencé à étendre leurs programmes d’éducation non formelle dans des espaces aménagés, la majorité des écoles ayant été endommagées ou servant de refuges pour les familles déplacées.
Les agences d’aide humanitaire intensifient également leurs efforts. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué vendredi que ses équipes commençaient à atteindre les familles affectées par des mois de siège, de déplacements et de famine. La porte-parole du PAM, Abeer Etefa, a qualifié cette phase d’« espoir prudent », soulignant que l’augmentation des approvisionnements et la réouverture de points de distribution alimentaire et de boulangeries permettaient de mieux desservir les populations les plus vulnérables.

Cependant, le volume de l’aide autorisée par Israël à entrer à Gaza reste insuffisant. Le PAM souligne que les défis majeurs persistent : Israël limite l’accès à Gaza à deux points de passage, aucun ne se trouvant dans le nord, l’une des zones les plus touchées, et les processus d’inspection demeurent lents. La destruction et le blocage des routes entravent également la distribution.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déploie des équipes pour renforcer les soins médicaux et tente de relancer des opérations à l’hôpital Al-Shifa. La destruction du système de santé à Gaza laisse plus de 15 000 personnes nécessitant une évacuation médicale à l’étranger et plus de 150 000 blessés dont les soins ne peuvent être assurés sur place faute de ressources.

Attaques israéliennes persistantes
Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne a poursuivi ses opérations. Vendredi, onze membres d’une même famille, dont sept enfants et deux femmes, ont été tués dans une attaque contre leur véhicule dans l’est de la ville de Gaza, selon le porte-parole de la protection civile locale, Mahmoud Basal. Cet incident est le plus meurtrier depuis l’entrée en vigueur de la trêve, qui a déjà vu près de 30 morts.
La famille aurait été visée après avoir franchi, vraisemblablement par inadvertance, la « ligne jaune », une délimitation territoriale définie par l’armée israélienne. Mahmoud Basal a déploré qu’une alerte ou une approche différente aurait pu éviter ce drame. De nombreux habitants de Gaza ignorent les zones d’accès interdit.
Le porte-parole de la protection civile a également indiqué que plus de 280 corps avaient été retrouvés sous les décombres de l’enclave, estimant qu’environ 10 000 autres restaient enfouis. Il a dénoncé les conditions de travail extrêmement difficiles et a critiqué la « dualité évidente » de la communauté internationale, qui s’engage à récupérer les corps des victimes israéliennes tout en « ignorant » ceux des Palestiniens.
