Home International Halloween dans la capitale américaine est une satire politique : des poupées squelettes disent « J’aurais aimé me faire vacciner » | Reuters

Halloween dans la capitale américaine est une satire politique : des poupées squelettes disent « J’aurais aimé me faire vacciner » | Reuters

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Publié le 2025-10-31 06:28:00. Alors qu’Halloween approche, certains habitants de Washington D.C. expriment leur mécontentement politique par le biais de décorations satiriques. La capitale, majoritairement démocrate, voit fleurir des messages critiques à l’encontre de l’administration en place, ciblant notamment le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux.

  • Des décorations d’Halloween à Washington D.C. prennent des allures de protestation politique.
  • Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, John Kennedy, est particulièrement visé par des symboles satiriques.
  • Cette tradition politique des décorations de fête s’intensifie dans un contexte de tensions nationales.

La capitale américaine, bastion démocrate, entretient depuis longtemps une tradition de décorations d’Halloween teintées de politique. Cette année, l’approche de la fête des morts voit les citoyens exprimer leur opinion sur l’échiquier politique par le biais d’installations créatives et souvent caustiques. L’une d’elles, observée dans le quartier de Georgetown, présente un crâne de manière satirique, affublé d’une pancarte le désignant comme « Ministre de la Promotion des Maladies », une allusion directe au secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, John Kennedy.

Cette forme d’expression citoyenne survient neuf mois après le début du second mandat du président républicain Trump et dans le contexte de la plus longue paralysie gouvernementale de l’histoire des États-Unis. Pour certains résidents, ces décorations constituent une manière de protester contre les coupes budgétaires, les licenciements et les politiques jugées non conventionnelles de l’administration Trump. Donna Breslin, 79 ans, a par exemple érigé dans son jardin près du Capitole seize fausses pierres tombales portant des inscriptions telles que « USAID » et « Santé et recherche scientifique », des domaines qu’elle estime mis à mal par les décisions présidentielles. Ces éléments, achetés sur Amazon et personnalisés à la main, sont pour elle une représentation de la « démocratie américaine en sommeil » sous l’impulsion de l’actuelle administration.

Les quartiers de Georgetown et Capitol Hill, connus pour leurs ornements politiques lors d’Halloween, ont été scrutés par l’agence Reuters. Cependant, les journalistes n’ont relevé aucune décoration explicitement pro-Trump ou anti-démocrate. La zone métropolitaine de Washington a particulièrement ressenti les effets des mesures de restriction budgétaire impulsées par le président Trump. La fermeture partielle du gouvernement a entraîné le chômage de nombreux fonctionnaires, alimentant un jeu de reproches mutuels entre républicains et démocrates. Il est à noter qu’environ 90% des électeurs inscrits dans la ville appartiennent au Parti démocrate.

Dans un communiqué, le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Khush Desai, a critiqué les décorations anti-Trump comme une « manifestation superficielle de bonnes intentions ». La Maison Blanche, pour sa part, n’a pas manqué de tourner en dérision ses opposants politiques à l’occasion d’Halloween, publiant sur Instagram des costumes représentant des dirigeants démocrates. L’un de ces costumes mettait en scène le président Trump lui-même, accompagné de la légende « Ne porte pas de couronne », en référence probable au mouvement « No Kings » apparu le 18 octobre pour dénoncer des tendances autoritaires et la corruption supposées de l’administration.

Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, John Kennedy, a attiré l’attention cette année en raison de ses positions et des réductions de personnel au sein de son ministère. Il a également réitéré une théorie scientifiquement réfutée concernant les dangers des vaccinations infantiles systématiques. À Georgetown, des squelettes ont été mis en scène dans des jardins, accompagnés de messages liés à la vaccination. L’un d’eux, un squelette de trois mètres de haut, portait une pancarte affirmant : « Bonjour, je m’appelle Wally ! Les vaccins sauvent des vies, faites-moi confiance ! ». Un porte-parole du ministère de la Santé a précisé que le secrétaire Kennedy accordait de l’importance à la sécurité, à la transparence et à la responsabilité, et que son travail visait à garantir les plus hauts standards de sécurité pour les vaccinations et les soins médicaux, fondés sur des normes scientifiques.

Ailleurs dans Georgetown, un squelette portant un stéthoscope autour du cou était suspendu à une clôture, avec une pancarte le qualifiant de « Secrétaire aux maladies » plutôt que de « Secrétaire à la Santé ». Christine Payne, 66 ans, a installé un squelette grandeur nature d’enfant près de sa fenêtre, non loin du domicile du secrétaire Kennedy, avec le message : « J’aurais aimé me faire vacciner ! ». Bien qu’elle ne partage pas les opinions de M. Kennedy, elle se considère comme une « bonne voisine », estimant que « tout le monde doit s’exprimer sur ce qui se passe dans ce pays, en particulier ici à Washington », une ville qui, selon elle, suscite un vif intérêt politique.

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