Gaza sous le feu des frappes israéliennes : Plus de 100 morts, la Croix-Rouge interdite de visite aux détenus palestiniens
Les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont causé la mort d’au moins 100 personnes, selon les bilans communiqués par les services de secours et les hôpitaux de l’enclave. Dans un contexte de vives tensions, le ministre israélien de la Défense a par ailleurs annoncé l’interdiction pour la Croix-Rouge de visiter les prisonniers palestiniens qualifiés de « combattants illégaux », invoquant des raisons de sécurité nationale.
Les autorités israéliennes estiment que la présence des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) auprès de ces détenus porterait « gravement atteinte à la sécurité de l’État ». « La sécurité de l’État et de nos citoyens passe avant tout », a déclaré le ministre de la Défense, Israel Katz, dans un communiqué diffusé ce mercredi 29 octobre 2025. Cette décision intervient alors que les raids israéliens, déclenchés en réponse à la mort d’un soldat israélien, attribuée par Israël au Hamas, ont entraîné un lourd bilan humain à Gaza.
Les chiffres évoluent rapidement au fil de la journée. Au matin du 29 octobre, les responsables hospitaliers faisaient état de 81 décès, dont une majorité d’enfants. Plus tard dans la journée, ce bilan a grimpé à plus de 100 morts, selon la défense civile et les responsables des hôpitaux. L’hôpital Shifa, dans la ville de Gaza, a notamment reçu 21 corps supplémentaires durant la nuit, portant le bilan global à un niveau alarmant. De nombreux blessés, parmi lesquels une vingtaine d’enfants, seraient dans un état critique, laissant craindre une augmentation du nombre de victimes.
Ces frappes israéliennes, qui auraient visé des dizaines de cibles militantes, ont été qualifiées de « violation claire et flagrante de l’accord de cessez-le-feu » par le porte-parole de la défense civile de Gaza, Mahmud Bassal. La situation humanitaire dans l’enclave est décrite comme « catastrophique et terrifiante ».
Malgré ces violences, le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que « rien » ne mettrait en péril le cessez-le-feu à Gaza. Il a reconnu qu’Israël avait le droit de riposter suite à la mort d’un de ses soldats, mais a insisté sur la nécessité de préserver la trêve. Cette position contraste avec les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a ordonné les frappes en attribuant l’attaque au Hamas, ce que le mouvement palestinien a démenti.
Parallèlement, le ministre de la Défense Israel Katz a lancé un avertissement sévère aux dirigeants du Hamas, affirmant qu’ils ne bénéficieraient « d’aucune immunité », qu’ils soient « parmi les dirigeants politiques résidant à Doha » ou « ceux qui se cachent dans les tunnels ». Il a ajouté : « Quiconque lève la main contre un soldat (israélien), sa main sera coupée. L’armée israélienne a reçu pour instruction d’agir de manière décisive contre chaque cible du Hamas et continuera de le faire. » Ces propos font écho à une attaque israélienne passée contre des négociateurs du Hamas à Doha le 9 septembre 2025, qui avait suscité une condamnation internationale.
Les images provenant de Gaza témoignent des conséquences dévastatrices des frappes. Des Palestiniens blessés sont acheminés vers les hôpitaux, tandis que des déplacés inspectent les ruines de leurs habitations, notamment dans le camp de tentes à Deir al-Balah.
L’armée israélienne a déclaré avoir rétabli le cessez-le-feu après avoir mené sa série de frappes, affirmant avoir touché « 30 terroristes occupant des postes de commandement au sein des organisations terroristes opérant dans la bande de Gaza ».