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Israël approuve l’enregistrement des terres en Cisjordanie, les Palestiniens dénoncent une « annexion de facto »

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Le gouvernement israélien a adopté dimanche une série de mesures controversées visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie occupée, notamment en facilitant l’acquisition de terres par les colons. Cette décision, perçue par les Palestiniens comme une « annexion de facto », intervient alors que les tensions restent vives dans la région.

Les ministres israéliens ont voté pour lancer un processus d’enregistrement foncier, une première depuis 1967, date de la conquête de la Cisjordanie lors de la guerre des Six Jours. Cette initiative fait suite à l’approbation d’autres mesures en Cisjordanie qui ont déjà suscité une condamnation internationale.

« Nous poursuivons la révolution de la colonisation et renforçons notre emprise sur toutes les parties de notre territoire », a déclaré le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a justifié cette mesure comme une nécessité sécuritaire, tandis que le cabinet a affirmé qu’il s’agissait d’une « réponse appropriée aux processus illégaux d’enregistrement des terres promus par l’Autorité palestinienne ». Le ministère des Affaires étrangères israélien a quant à lui souligné que cette démarche favoriserait la transparence et aiderait à résoudre les litiges fonciers.

Cette décision a immédiatement provoqué une vague de critiques de la part de plusieurs pays arabes. L’Égypte a dénoncé une « escalade dangereuse visant à consolider le contrôle israélien sur les territoires palestiniens occupés », tandis que le Qatar a condamné la « décision de convertir les terres de Cisjordanie en soi-disant ‘propriété de l’État’ », estimant qu’elle « priverait le peuple palestinien de ses droits ». La Jordanie a également exprimé sa désapprobation, qualifiant la mesure d’illégale au regard du droit international.

La présidence palestinienne a qualifié cette initiative d’« annexion de facto du territoire palestinien occupé et de déclaration du début de plans d’annexion visant à consolider l’occupation par le biais d’activités de colonisation illégales ». L’organisation israélienne de surveillance des implantations, Peace Now, a averti que cette mesure pourrait entraîner la dépossession de Palestiniens sur jusqu’à la moitié de la Cisjordanie.

Selon des informations diffusées par la chaîne publique Kan, l’enregistrement des terres sera rouvert uniquement dans la zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie et est placée sous contrôle sécuritaire et administratif israélien. Plus de 500 000 Israéliens vivent actuellement dans des colonies et avant-postes en Cisjordanie, hormis Jérusalem-Est annexée par Israël, sur un territoire où résident également environ trois millions de Palestiniens.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui se prépare à des élections, considère la création d’un État palestinien comme une « menace à la sécurité ». Sa coalition au pouvoir, forte d’un large soutien électoral dans les colonies, comprend de nombreux membres favorables à l’annexion de la Cisjordanie, territoire auquel Israël revendique des liens « historiques » et bibliques. Bien que l’administration de l’ancien président américain Donald Trump n’ait pas cherché à freiner la construction de colonies, la Cour internationale de justice a déclaré en 2024, dans un avis consultatif non contraignant, que l’occupation israélienne des territoires palestiniens et les colonies qui y sont établies sont illégales et devraient prendre fin dès que possible. Israël conteste cette position.

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