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La Cour suprême annule les tarifs IEEPA de Trump | Actualités et événements

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Publié le 21 février 2026. La Cour suprême des États-Unis a invalidé, ce jeudi, les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump en vertu de la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), ouvrant la voie à des milliards de dollars de remboursements potentiels pour les importateurs. Cette décision majeure remet en question l’étendue des pouvoirs du président en matière de politique commerciale.

  • La Cour suprême a jugé que l’IEEPA ne confère pas au président le pouvoir d’imposer des droits de douane.
  • Le processus de remboursement des droits de douane versés reste flou et dépendra des décisions des tribunaux inférieurs et de l’administration américaine.
  • Les importateurs doivent rapidement évaluer leur exposition aux droits de douane IEEPA et envisager de participer aux actions en justice en cours.

La décision de la Cour suprême met fin à une bataille juridique qui a débuté en mai 2025, lorsque le Tribunal du commerce international (CIT) a estimé que l’IEEPA n’autorisait pas les tarifs contestés. Cette décision a été confirmée en août 2025 par la Cour d’appel du circuit fédéral, avant d’être portée devant la plus haute instance judiciaire américaine. Les arguments ont été entendus le 5 novembre 2025.

En substance, la Cour a estimé que l’administration Trump avait outrepassé ses prérogatives en utilisant l’IEEPA pour justifier des droits de douane qui n’étaient pas liés à des circonstances d’urgence spécifiques ou à des pays déterminés. La décision s’applique à tous les tarifs imposés en vertu de l’IEEPA, y compris ceux qui avaient été présentés comme des mesures réciproques ou ciblant le Canada, le Mexique et la Chine. Selon la Cour, l’absence de base légale claire dans l’IEEPA rend ces tarifs illégaux ab initio (dès le début).

Le processus de remboursement des droits de douane versés par les importateurs reste incertain. La Cour suprême n’a pas défini de procédure spécifique, laissant aux tribunaux inférieurs et à l’administration américaine le soin de déterminer les modalités de remboursement. Le CIT est bien placé pour ordonner une reliquidation des droits de douane dans le cadre des nombreuses poursuites en cours (28 poursuites USC 1581(i)). Le service des douanes et de la protection des frontières (CBP) devra ensuite mettre en œuvre ces remboursements.

Il est également possible que les importateurs dont les déclarations en douane n’ont pas encore été définitivement liquidées puissent bénéficier d’une correction des droits de douane via une procédure administrative. Les importateurs doivent donc surveiller attentivement les directives à venir concernant les remboursements potentiels.

Les importateurs sont invités à agir rapidement. Il est crucial d’inventorier l’exposition aux droits de douane IEEPA, d’identifier les délais de liquidation, de mettre à jour leurs informations bancaires et d’évaluer l’opportunité de se joindre aux actions en justice en cours devant le CIT afin de maximiser leurs chances de récupérer les droits de douane indûment perçus.

La décision de la Cour suprême ne met pas fin aux possibilités pour l’administration américaine d’influencer les importations. L’IEEPA autorise toujours le président à prendre d’autres mesures, telles que des enquêtes ou des interdictions d’importation. De plus, d’autres lois, comme les articles 301 et 232 du Trade Act de 1974, restent disponibles pour imposer des droits de douane. L’administration Trump a d’ailleurs clairement indiqué qu’elle entend utiliser ces autres outils pour modifier la politique commerciale américaine.

En décembre 2025, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, avait même suggéré que l’administration pourrait « recréer la structure tarifaire exacte » en utilisant d’autres autorités légales. L’article 301, qui a été confirmé par la Cour d’appel du circuit fédéral le 25 septembre 2025 dans l’affaire HMTX Industries c. États-Unis, est actuellement en attente d’examen par la Cour suprême. Les articles 232 et 122 offrent également des options, bien que plus lentes ou limitées en termes de montants.

En résumé, la Cour suprême a retiré un instrument tarifaire, mais l’administration américaine conserve d’autres moyens d’action. Les importateurs doivent donc rester vigilants, consulter leurs courtiers et avocats, et s’adapter rapidement à l’évolution de la situation.

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