Publié le 2025-10-30 09:27:00. La bataille juridique entre Sony et Tencent s’intensifie, les deux géants du jeu vidéo s’affrontant par avocats interposés concernant des accusations de plagiat. Tencent riposte fermement aux accusations de Sony concernant une copie présumée de sa franchise phare, Horizon.
- Tencent demande le rejet d’une nouvelle action en justice de Sony, arguant que l’affaire est prématurée.
- Le groupe chinois dénonce une tentative de Sony de s’arroger un monopole sur les conventions de genre et met en doute la protection de la marque Aloy.
- Sony accuse Tencent de se cacher derrière ses filiales pour dissimuler une copie éhontée de sa propriété intellectuelle.
La querelle judiciaire qui oppose Sony à Tencent autour du jeu Light of Motiram, accusé par le constructeur de PlayStation de singer sans vergogne sa célèbre franchise Horizon, prend une nouvelle tournure. Après plusieurs échanges musclés devant les tribunaux, où Sony avait qualifié l’œuvre de son rival chinois de « clone servile » et exigé son retrait, craignant un impact sur la croissance future de Horizon, Tencent contre-attaque.
Le géant technologique chinois a déposé une requête en rejet, arguant que Sony cherchait à établir un « monopole inadmissible sur les conventions de genre ». Pour appuyer ses dires, Tencent a rappelé que des titres emblématiques comme The Legend of Zelda (NES) et Enslaved: Odyssey to the West (PS3) présentaient eux aussi des similitudes avec la franchise de Sony. Des arguments jugés « absurdes » par PlayStation, qui a accusé Tencent de se dissimuler derrière ses nombreuses filiales.
La dernière salve de Tencent demande une nouvelle fois le rejet de l’affaire. L’argument principal avancé est que Light of Motiram n’est pas prévu avant fin 2027, rendant la plainte de Sony concernant une « conduite future » d’un projet inédit prématurée. La société chinoise réaffirme également que Tencent Holdings n’est ni le développeur ni l’éditeur du jeu, ces rôles étant dévolus à Tencent Shanghai et Proximity Beta, des filiales distinctes du groupe.
En réponse aux allégations de Sony concernant le personnage d’Aloy, pilier de la saga Horizon, Tencent a lancé une pique cinglante : « la renommée ne fait pas une marque ». Selon le groupe chinois, la seule popularité d’un personnage ne suffit pas à établir une protection juridique, d’autant plus que Sony n’aurait pas réussi à démontrer que l’apparence d’Aloy est reconnue comme une marque en dehors du contexte du jeu. « La plainte affirme que la marque présumée est caractérisée par sa tenue vestimentaire, ses accessoires et ses marques faciales. Mais des descriptions généralisées ne suffisent pas à identifier une marque », a rétorqué Tencent.
Les tribunaux sont désormais saisis de ces arguments contradictoires. Ils devront statuer sur la recevabilité de la procédure. Si la justice tranchait en faveur de Sony, une longue bataille juridique pourrait s’engager, à moins que Tencent ne choisisse finalement un règlement à l’amiable. Une décision sur la poursuite de cette affaire est attendue prochainement.