Publié le 27 octobre 2025. Une mauvaise hygiène bucco-dentaire, caractérisée par des caries et des maladies des gencives, pourrait significativement augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique. Une étude révèle un lien fort entre ces affections et une incidence accrue d’AVC, incitant à une vigilance accrue sur la santé de notre bouche pour préserver celle de notre cerveau.
- Le risque d’AVC ischémique est presque doublé chez les personnes souffrant de problèmes bucco-dentaires.
- Cette association persiste même en tenant compte d’autres facteurs de risque comme l’âge, le tabagisme ou l’obésité.
- Des visites régulières chez le dentiste semblent jouer un rôle protecteur contre ces affections.
Les conclusions de cette recherche, parues le 22 octobre 2025 dans la revue Neurology Open Access, mettent en lumière une corrélation notable : les individus présentant simultanément des caries et des maladies des gencives voient leur risque d’AVC ischémique augmenter de manière considérable. Il est important de noter que l’étude ne démontre pas un lien de causalité direct, mais souligne une association particulièrement significative.
L’AVC ischémique, le type le plus fréquent, survient lorsque la circulation sanguine vers le cerveau est compromise par un caillot ou un blocage. Les caries résultent de l’érosion de l’émail dentaire par des bactéries, tandis que les maladies des gencives sont causées par l’inflammation des tissus qui soutiennent les dents.
DES DONNÉES DE SUIVI LONG-TERME ÉCLAIRENT LES RISQUES
L’étude a suivi pendant deux décennies près de 6 000 adultes, âgés en moyenne de 63 ans, qui n’avaient jamais subi d’AVC au début de l’observation. Ces participants ont été catégorisés selon leur état bucco-dentaire : une bouche saine, la présence de maladies des gencives seules, ou une combinaison de maladies des gencives et de caries.
Les résultats sont éloquents : seulement 4 % des participants du groupe « bouche saine » ont été victimes d’un AVC durant la période d’étude. Ce chiffre monte à 7 % pour ceux souffrant uniquement de maladies des gencives, et atteint 10 % pour ceux présentant à la fois des caries et des problèmes gingivaux.
L’IMPACT SUR LA SANTÉ CARDIOVASCULAIRE CONFIRMÉ
Même en ajustant les données pour prendre en compte des facteurs tels que l’âge, le tabagisme et l’indice de masse corporelle, le risque d’AVC demeurait supérieur de 86 % chez les individus affectés par les deux pathologies bucco-dentaires. Pour ceux souffrant uniquement de maladies des gencives, le risque d’AVC augmentait de 44 %. Ce dernier groupe présentait également un risque de crises cardiaques et d’autres maladies cardiovasculaires accru de 36 %.
L’étude souligne également l’importance des bilans dentaires réguliers. Les participants qui consultaient fréquemment leur dentiste étaient 81 % moins susceptibles de souffrir de problèmes bucco-dentaires complexes (caries et maladies des gencives combinées) et 29 % moins sujets aux seules maladies des gencives.
UN APPEL À LA PRÉVENTION PAR LES EXPERTS
« Prendre soin de la santé de ses dents et de ses gencives n’est pas seulement une question d’esthétique ; cela peut aussi protéger la santé de votre cerveau. Les personnes souffrant de maladies des gencives ou de symptômes de caries devraient commencer un traitement sans délai. »
Dr. Souvik Sen, Université de Caroline du Sud, auteur principal de l’étude
Les chercheurs ont identifié comme limite de leur travail le fait que la santé bucco-dentaire n’a été évaluée qu’une seule fois, au début de l’étude, empêchant ainsi de suivre son évolution dans le temps. De même, l’influence exhaustive des modes de vie et d’autres facteurs de santé n’a pu être totalement quantifiée.
Malgré ces réserves, les conclusions actuelles viennent renforcer les travaux antérieurs sur le lien entre santé bucco-dentaire et santé cérébrale. Elles rappellent le rôle crucial que peuvent jouer des soins dentaires réguliers dans la réduction du risque d’accident vasculaire cérébral.