Publié le 2025-11-03 09:57:00. L’ancienne procureure militaire israélienne Tomer Yerushalmi, portée disparue pendant plusieurs heures, a été arrêtée lundi après avoir admis avoir divulgué une vidéo incriminant des réservistes pour le viol d’un prisonnier palestinien. Le colonel Matan Solomesh, son supérieur, a également été interpellé dans le cadre de cette affaire.
- Tomer Yerushalmi a avoué avoir diffusé une vidéo montrant le viol présumé d’un détenu palestinien par des réservistes de l’armée.
- Elle et le colonel Matan Solomesh sont suspectés d’entrave à l’enquête et d’abus de confiance.
- Le ministre de la Sécurité nationale a ordonné des mesures de protection renforcées pour Yerushalmi en détention.
La police israélienne a annoncé ce lundi l’arrestation de Tomer Yerushalmi, ancienne procureure générale de l’armée, quelques heures après avoir retrouvé celle-ci « saine et sauve » dans la région côtière d’Herzliya. L’arrestation intervient suite à sa confession, datant de vendredi dernier, concernant la fuite d’une vidéo. Cette dernière documente le viol présumé d’un prisonnier palestinien par un groupe de réservistes militaires israéliens, selon des informations relayées par l’AMP.
Le porte-parole de l’organisme a confirmé que le colonel Matan Solomesh, procureur militaire en chef, avait également été placé en garde à vue pour « soupçons de fuites et d’autres délits graves ». Les deux individus devraient être présentés devant le tribunal de première instance de Tel Aviv demain pour une éventuelle détention provisoire. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir entravé l’enquête et d’abus de confiance, en lien avec la disparition du téléphone portable de Yerushalmi, qui reste introuvable et serait éteint.
Face à ces développements, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a assuré que la Police pénitentiaire allait « redoubler d’efforts pour protéger la vie » de l’ancienne procureure militaire. Cette décision fait suite à une réunion avec le commissaire général Kobi Yaakobi, qui a ordonné une « surveillance renforcée » par le personnel pénitentiaire et les caméras de sécurité. Dans un message publié sur Telegram, le ministre a justifié ces mesures par la nécessité de mener une enquête « professionnelle » afin d’établir la vérité dans cette affaire, qui a suscité de vives accusations contre l’armée israélienne.
Tomer Yerushalmi avait reconnu il y a un an avoir autorisé la diffusion de la vidéo, enregistrée à l’été 2024 dans la prison de la base militaire de Sde Teiman. Elle avait affirmé agir dans le but de « contrecarrer la fausse propagande ciblant les forces de l’État », selon le journal ‘The Times of Israel’. La vidéo en question montre des soldats déshabillant un homme au sol, puis le plaçant contre un mur avant de le violer, tout en dissimulant leur identité derrière des boucliers.
Ce dimanche, les réservistes accusés dans cette affaire sont apparus masqués devant les médias pour clamer leur innocence. Un porte-parole du groupe a déclaré :
« Au lieu d’un câlin, nous avons reçu des accusations et nous n’avons pas eu le droit de répondre. Ils ont organisé un procès simulé comme s’ils avaient déjà décidé qui était coupable. Nous ne resterons pas silencieux. Nous continuerons à nous battre. Nous demandons seulement justice ».
Porte-parole des réservistes
Moché Polsky, l’un des avocats des réservistes, a dénoncé la « contamination » du processus judiciaire par la fuite de la vidéo et a demandé une révision complète des procédures, estimant que le parquet militaire avait manqué de discrétion.