Publié le 16 février 2026 à 10h04. Plusieurs pays arabes et la Turquie ont fermement condamné la décision d’Israël d’enregistrer la plupart des terres de Cisjordanie comme « propriété de l’État », une mesure perçue comme une violation du droit international et un obstacle à la paix.
- L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie et la Turquie ont exprimé leur indignation face à la décision israélienne.
- Les pays concernés dénoncent une tentative d’Israël d’imposer une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée.
- L’Autorité palestinienne a averti que cette décision équivalait à une « annexion de facto ».
La décision du gouvernement israélien, approuvée dimanche 15 février, vise à enregistrer la plupart des terres de Cisjordanie comme « propriété de l’État » si les Palestiniens ne peuvent pas prouver leur droit de propriété. Cette initiative, sans précédent depuis l’occupation de la Cisjordanie en 1967, a suscité une vague de critiques internationales.
Le ministère des Affaires étrangères d’Arabie saoudite a condamné les mesures israéliennes, les qualifiant de tentative d’« imposer une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée ». Selon le ministère, cette décision « sape les efforts en cours pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région ». Al-Arabiya rapporte que le ministère a souligné qu’« Israël n’a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ».
Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a réitéré son « rejet absolu de ces mesures illégales, qui constituent une violation flagrante du droit international, compromettent la solution à deux États et constituent une attaque contre le droit légitime du peuple palestinien à établir son État souverain et indépendant aux frontières du 4 juin 1967, avec sa capitale Jérusalem-Est ».
L’Égypte a également exprimé sa vive préoccupation, qualifiant la décision d’Israël d’« escalade dangereuse visant à consolider le contrôle d’Israël sur les territoires palestiniens occupés ». Le ministère égyptien des Affaires étrangères a dénoncé une « violation flagrante » du droit international et de la Quatrième Convention de Genève, ainsi que des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment la résolution 2334 de 2016.
Le Qatar a condamné la décision de transformer les terres de Cisjordanie en une soi-disant « propriété d’État », la qualifiant d’« extension d’un plan illégal visant à priver le peuple palestinien de ses droits ». Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a appelé à une solidarité internationale pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à cette initiative et éviter ses « graves répercussions ».
La Jordanie a également condamné la décision « dans les termes les plus fermes », la qualifiant de « violation flagrante du droit international ». La Turquie, de son côté, a dénoncé une tentative d’imposer l’autorité israélienne sur la Cisjordanie et d’étendre les activités de colonisation, jugeant cette décision « nulle et non avenue ».
L’organisation israélienne de surveillance anti-implantation, La Paix Maintenant, a également condamné cette décision, la qualifiant d’« accaparement massif de terres ». L’Autorité palestinienne a averti que cette décision équivalait à une « annexion de facto » et a appelé à une intervention internationale.
Cette proposition controversée a été initiée par les ministres israéliens Bezalel Smotrich (Finances), Yariv Levin (Justice) et Israel Katz (Défense), selon des informations de la télévision israélienne KAN.