Publié le 21 février 2024 14:35:00. Les autorités russes accusent l’application de messagerie Telegram de compromettre la sécurité des forces armées en Ukraine et de ne pas protéger les données personnelles de ses citoyens, entraînant un ralentissement significatif de l’accès au service sur le territoire russe.
- Le FSB (Service fédéral de sécurité) affirme que l’utilisation de Telegram par l’armée russe a mis en danger la vie de soldats ces derniers mois.
- Roskomnadzor, le régulateur des communications russe, a imposé un ralentissement du service, bloquant le téléchargement de fichiers depuis le 9 février, en attendant un accord sur la protection des données.
- Le ministère du Développement numérique a accusé Telegram de divulguer des informations d’utilisateurs à des services de renseignement étrangers, avant de nuancer ses propos.
La tension monte entre les autorités russes et l’application de messagerie Telegram, particulièrement prisée par les forces armées et les blogueurs pro-guerre. Le FSB a déclaré que l’utilisation de Telegram par les militaires russes déployés en Ukraine a « à plusieurs reprises menacé la vie des soldats au cours des trois derniers mois ». Cette accusation s’appuie sur une analyse des performances de l’application et sur des « nombreux rapports crédibles », selon les services de sécurité.
Les difficultés d’accès à Telegram ont commencé à s’intensifier le 9 février, avec un ralentissement généralisé du service sur l’ensemble du territoire russe, empêchant notamment le téléchargement de fichiers. Roskomnadzor a justifié cette mesure par le refus de Telegram de coopérer sur les questions de protection des données personnelles et de lutte contre les activités illégales.
« Telegram ne protège pas les données personnelles des citoyens russes et ne lutte pas contre les fraudeurs et les terroristes. »
Roskomnadzor
Plus tôt, le ministre du Développement numérique, Maksut Shadayev, avait affirmé que Telegram transmettait des listes d’utilisateurs à des « services de renseignement étrangers », ces informations étant ensuite utilisées contre l’armée russe en Ukraine. Suite à une vive réaction des militaires et des blogueurs Z (partisans de l’opération militaire spéciale), le ministre a ensuite précisé que les restrictions ne concerneraient que la zone de l’opération militaire spéciale, terme utilisé par le Kremlin pour désigner l’invasion de l’Ukraine.
Roskomnadzor a également accusé Telegram d’avoir créé et maintenu l’infrastructure des services « proviva », qui, selon le régulateur, permettrait de collecter et de diffuser des données personnelles de citoyens russes, notamment sous forme de « fichiers personnels ».
Ces accusations interviennent dans un contexte de contrôle accru des communications en Russie, et de tentatives de limitation de l’accès à des plateformes considérées comme hostiles par le Kremlin. Le blocage de facto de l’accès à Internet par satellite Starlink avait déjà suscité des critiques de la part des militaires et des blogueurs, qui se plaignaient d’un manque de communication sur le front.