Publié le 2025-11-07 17:22:00. Alors que les discussions climatiques battaient leur plein à Belém, au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a dévoilé un ambitieux projet visant à préserver les forêts tropicales du monde entier en proposant un fonds innovant financé par des prêts plutôt que des dons.
Ce fonds, baptisé « Tropical Forests Forever Facility », ambitionne de rémunérer 74 pays en développement pour leur engagement à conserver leurs forêts, transformant ainsi la préservation en une option économiquement attractive face à la déforestation.
La proposition, présentée dans un contexte de négociations climatiques tendues et marquées par des promesses passées non tenues, a déjà suscité des engagements financiers significatifs de la part de la Norvège et de l’Allemagne.
Belém, ville emblématique au cœur de la forêt amazonienne, sert de décor symbolique à cette initiative majeure. La capitale de l’État du Pará, située dans le nord du Brésil, joue un rôle crucial dans la régulation climatique mondiale. La proposition de Lula vise à transformer la logique économique autour de la forêt, rendant sa conservation plus lucrative que son exploitation par des secteurs comme l’élevage bovin, l’exploitation minière ou l’exploitation forestière illégale.
Le mécanisme de financement proposé repose sur des prêts, et non sur des subventions à fonds perdus. L’idée est d’encourager les gouvernements à maintenir leurs arbres debout en leur assurant une source de revenus durable, tout en exploitant leur potentiel d’absorption du dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre majeur.
Les premiers retours financiers semblent prometteurs. La Norvège a annoncé un engagement de 3 milliards de dollars, un montant sans précédent à l’époque. L’Allemagne devrait suivre, et des promesses de dons s’élevant déjà à 5,5 milliards de dollars ont été officialisées par les autorités brésiliennes. Ces fonds témoignent d’un espoir renouvelé quant à la concrétisation des ambitions climatiques du président brésilien.
Une part significative des fonds, soit 20 %, sera spécifiquement allouée aux peuples autochtones. Cette disposition reconnaît leur rôle ancestral dans la gestion et la préservation des territoires forestiers. La forte présence de représentants de tribus, venues du Brésil et des pays voisins, souligne l’importance de ces communautés dans les discussions actuelles.
Cependant, la faible participation des dirigeants des trois plus grands pollueurs de la planète – la Chine, les États-Unis et l’Inde – au rassemblement préliminaire des chefs d’État a mis en lumière les divisions persistantes et la fragmentation des priorités mondiales. Cette absence relative contraste avec l’urgence climatique soulignée par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Lors de l’ouverture de la réunion, António Guterres a vivement critiqué les puissances mondiales, les accusant de « rester captives des intérêts des combustibles fossiles, plutôt que de protéger l’intérêt public ». Il a rappelé les enjeux cruciaux de l’Accord de Paris de 2015, avertissant que le dépassement du seuil de 1,5 degré Celsius de réchauffement climatique représenterait un « échec moral et une négligence mortelle », avec des conséquences désastreuses pour l’humanité.