Home International Les États-Unis et l’Iran tiennent un deuxième cycle de négociations à Genève sur le programme nucléaire de Téhéran

Les États-Unis et l’Iran tiennent un deuxième cycle de négociations à Genève sur le programme nucléaire de Téhéran

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Publié le 17 février 2024 à 11h27. Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran, visant à limiter le programme nucléaire iranien, sont en cours à Oman et en Suisse, dans un contexte de tensions accrues et de menaces mutuelles. Washington déploie également une force navale importante au Moyen-Orient.

  • Des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran ont débuté à Oman le 6 février, avec des échanges de messages via des médiateurs omanais.
  • L’Iran a organisé des exercices navals à grande échelle dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région.
  • Téhéran insiste pour que tout accord nucléaire inclue un allègement des sanctions internationales.

Les efforts diplomatiques se poursuivent alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran restent vives. Le président américain Donald Trump a régulièrement menacé de recourir à la force pour contraindre l’Iran à limiter son programme nucléaire, tandis que Téhéran a averti qu’il répondrait à toute agression américaine. Ces menaces s’ajoutent à la condamnation par Washington de la répression des manifestations antigouvernementales en Iran.

Le premier cycle de négociations indirectes s’est tenu à Oman le 6 février. Des véhicules arborant le drapeau américain ont été aperçus entrant dans l’enceinte du palais après le départ de la délégation iranienne, selon des sources sur place. La télévision d’État iranienne a confirmé le début des discussions, précisant que les deux pays communiquaient par l’intermédiaire d’intermédiaires omanais.

Parallèlement, les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se sont rendus en Suisse pour une deuxième série de négociations. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré lundi, lors d’une visite à Budapest, que les États-Unis espéraient parvenir à un accord avec l’Iran, malgré les difficultés.

« Je ne vais pas préjuger de ces négociations. Le président préfère toujours des résultats pacifiques et négociés. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères et chef de la délégation iranienne, a rencontré lundi à Genève Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Sur le réseau social X, Araghchi a affirmé :

« Je suis à Genève avec de vraies idées sur la manière de parvenir à un accord juste et équitable. La capitulation face aux menaces n’est pas envisagée. »

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères

Donald Trump a indiqué qu’il suivait de près les négociations.

« Je vais être indirectement impliqué dans ces négociations, qui vont être très importantes. Nous verrons ce qui se passera. Habituellement, l’Iran est un négociateur très coriace. »

Donald Trump, président américain

Il a également regretté de ne pas avoir utilisé la force militaire plus tôt :

« Je dirais qu’ils sont de mauvais négociateurs parce que nous aurions pu conclure un accord au lieu d’envoyer des B2 (des avions de combat) pour détruire leur capacité nucléaire, et nous aurions dû envoyer des B2. J’espère qu’ils seront plus intelligents. »

Donald Trump, président américain

Il a cependant exprimé l’espoir que l’Iran souhaite parvenir à un accord pour éviter des conséquences négatives.

Dans un contexte régional déjà tendu, l’Iran a annoncé le début d’exercices navals dans le détroit d’Ormuz, le golfe Persique et le golfe d’Oman, des voies maritimes cruciales pour le commerce international (20 % du pétrole mondial y transite). La société de sécurité EOS Risk Group a signalé que les navires dans la région avaient reçu un avertissement radio concernant des tirs réels prévus dans le nord du détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont également renforcé leur présence militaire en déployant le porte-avions Gerald R. Ford, rejoignant l’USS Abraham Lincoln et ses navires d’escorte déjà présents dans la région. Un drone iranien s’approchant de manière agressive de l’USS Abraham Lincoln a d’ailleurs été abattu la semaine dernière.

Les États arabes du Golfe ont exprimé leur inquiétude quant au risque d’un nouveau conflit régional, alors que la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza continue de déstabiliser la région.

L’Iran réaffirme que son programme nucléaire est à des fins pacifiques, mais insiste sur la nécessité d’un allègement des sanctions internationales en contrepartie de toute limitation de ses activités nucléaires. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré que Téhéran était ouvert à des compromis, mais que les États-Unis devaient d’abord prouver leur bonne foi.

« La balle est dans le camp des États-Unis. Ils doivent prouver qu’ils veulent traiter avec nous. Si nous constatons leur sincérité, je suis sûr que nous progresserons vers un accord. »

Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères

Par ailleurs, l’Iran commémore le 40e jour depuis l’une des journées les plus sanglantes de la répression des manifestations du mois dernier. Les militants estiment qu’au moins 7 015 personnes ont perdu la vie, dont beaucoup lors de la répression nocturne des manifestations entre le 8 et le 9 janvier. L’agence de presse Human Rights Activists News Agency (HRNA), qui s’appuie sur un vaste réseau de militants, a fourni ces données. L’Associated Press n’a pas pu vérifier ces chiffres de manière indépendante en raison des restrictions d’accès à l’information imposées par les autorités iraniennes.

Le gouvernement iranien organise une cérémonie commémorative à la Grande Mosquée de Moselle à Téhéran et accuse les manifestants d’avoir commis des « actes violents perpétrés par des groupes armés » coordonnés par des agences de renseignement étrangères.

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