Publié le 2025-10-28 04:46:00. Les avocats de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro ont fait appel de sa condamnation à 27 ans de prison dans le cadre d’une tentative de coup d’État. Cette décision intervient après une défaite électorale en 2022 et soulève des questions sur la procédure et la santé de l’ancien dirigeant.
- Jair Bolsonaro a été condamné à 27 ans de prison pour sa participation à une tentative de coup d’État visant à empêcher la prise de pouvoir du président Luiz Inacio Lula da Silva.
- Ses avocats dénoncent des « ambiguïtés » dans la décision de la Cour suprême et ont déposé un recours.
- L’ancien président, assigné à résidence, pourrait invoquer des raisons de santé pour demander une peine en résidence surveillée, alors que des alliés cherchent une voie d’amnistie.
Hier, les défenseurs de Jair Bolsonaro ont officiellement contesté la peine de 27 ans de prison prononcée contre l’ancien président du Brésil, suite à une tentative de déstabilisation du pouvoir après sa défaite aux élections de 2022. Les avocats de Jair Bolsonaro, qualifié de militant d’extrême droite, ont pointé du doigt des « ambiguïtés, des omissions, des contradictions et des obscurités » dans la décision de la Cour suprême. Cette instance l’a déclaré coupable de tentative d’éviction du président Luiz Inacio Lula da Silva, dans un procès qui a déjà suscité de vives réactions, notamment de la part de l’ancien président américain Donald Trump.
La décision de la Cour suprême quant à l’examen de ce recours n’est pas soumise à un calendrier précis. Le complot présumé incluait des plans pour assassiner le président Lula, son vice-président Geraldo Alckmin, ainsi qu’Alexandre de Moraes, l’un des cinq juges de la Cour suprême dont le vote était crucial dans le dossier Bolsonaro. Les procureurs ont affirmé que ce plan n’avait échoué qu’en raison d’un manque de soutien de la part des hauts responsables de l’armée.
Depuis août, Jair Bolsonaro est assigné à résidence. La loi brésilienne stipule qu’il ne sera pas incarcéré tant que toutes les voies de recours juridiques n’auront pas été épuisées. Thiago Bottino, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas, a confié à l’AFP qu’il était « inhabituel que la Cour suprême revienne sur ses arrêts », mais que des ajustements avaient déjà été faits, notamment sur la durée des peines.
Si son appel n’aboutissait pas, Jair Bolsonaro pourrait tenter de demander à purger sa peine en résidence surveillée, en invoquant son état de santé jugé précaire. L’homme de 70 ans a récemment reçu un diagnostic de cancer de la peau et a été brièvement hospitalisé en septembre pour de violentes crises de hoquet, des vomissements et une hypotension. Ces dernières années, il a connu plusieurs soucis de santé et subi des interventions chirurgicales, souvent liées aux complications d’une agression au couteau qu’il avait subie en 2018, alors qu’il était en pleine campagne présidentielle.
Cette situation rappelle celle de Fernando Collor de Mello, un autre ancien président brésilien, qui avait obtenu en mai la permission de purger sa peine de près de neuf ans de prison pour corruption à domicile, pour des motifs de santé. Parallèlement, des alliés de Jair Bolsonaro au Congrès poussaient pour un projet de loi d’amnistie. Cette initiative, qui aurait pu bénéficier à l’ancien président et à des centaines de ses partisans impliqués dans l’assaut des bâtiments gouvernementaux une semaine après l’investiture de Lula en janvier 2023, a finalement échoué face à des protestations massives.
Avant même sa condamnation dans l’affaire du coup d’État, Jair Bolsonaro avait été interdit d’exercer toute fonction publique jusqu’en 2030, en raison d’allégations de fraude électorale non prouvées contre le système électoral du pays. Bien que ses partisans les plus fervents espèrent encore le voir concourir aux élections de 2026, plusieurs noms circulent pour le remplacer comme figure de proue du camp conservateur, notamment Tarcisio de Freitas, le gouverneur de São Paulo, et Michelle Bolsonaro, l’ancienne Première dame.
De son côté, Luiz Inacio Lula da Silva, qui a fêté ses 80 ans hier, a confirmé la semaine dernière sa candidature pour un quatrième mandat en 2026. Le vétéran de la gauche, qui manquait de soutien en début d’année, a vu sa popularité remonter ces derniers mois, notamment grâce à sa gestion de la guerre commerciale initiée par l’ancien président américain Donald Trump. Ce dernier avait imposé des tarifs douaniers et des sanctions contre des responsables brésiliens, qualifiant l’affaire de « chasse aux sorcières » contre son allié Bolsonaro. La popularité de Lula a grimpé alors qu’il se positionnait comme le défenseur de la souveraineté brésilienne face à Trump. Il a d’ailleurs récemment renforcé sa position en obtenant une première rencontre officielle avec son homologue américain ce week-end en Malaisie, afin de négocier les tarifs douaniers.