Publié le 12 février 2024 à 07h44. Un escroc britannique, Jack Hennessy, a obtenu une libération anticipée après avoir dupé des retraités néo-zélandais pour un montant de 337 700 $ (environ 235 000 €) en se faisant passer pour un coursier de police. Il sera expulsé de Nouvelle-Zélande le mois prochain.
- Jack Hennessy a été condamné à trois ans et trois mois de prison pour fraude.
- Il a ciblé plus de 20 victimes âgées de 59 à 92 ans.
- La commission des libérations conditionnelles a accepté sa libération malgré des doutes sur sa sincérité.
Jack Dylan Hennessy, 27 ans, a été reconnu coupable de 25 chefs d’accusation d’obtention par tromperie après son arrestation en juin 2024, peu après son arrivée en Nouvelle-Zélande. Il avait mis en place un stratagème sophistiqué visant les personnes âgées, leur faisant croire qu’elles participaient à une opération policière secrète.
Les victimes ont été contactées par des fraudeurs se faisant passer pour des policiers, qui les ont convaincues de retirer d’importantes sommes d’argent de leurs comptes bancaires, sous prétexte d’aider à une enquête sur la contrefaçon de billets. Hennessy se rendait ensuite chez elles, se présentant comme un coursier de police en civil, et récupérait l’argent en utilisant des mots de code prédéfinis tels que « aroha », « tōtara », « cime des arbres » et « Tombouctou » pour renforcer la crédibilité de son imposture.
Lors de son procès devant le tribunal de district d’Auckland, le juge avait qualifié ses actions de « répréhensibles », « préméditées » et « réalisées avec une précision quasi militaire ». Hennessy avait initialement obtenu une date de libération d’office fixée au 24 septembre 2027.
Lors de son audience devant la commission des libérations conditionnelles en juillet dernier, Hennessy a affirmé qu’il avait agi sous la contrainte d’un réseau criminel britannique qui avait menacé sa famille. Il a déclaré être « dégoûté et embarrassé » par ses actes. Cependant, le comité n’a pas été convaincu par son récit, notant son refus de coopérer avec la police et de révéler l’identité de ses complices.
Bien que les banques aient remboursé une partie des pertes, un montant de 28 000 $ (environ 19 500 €) reste impayé, que Hennessy a promis de rembourser. Il a également évoqué avoir été victime de chantage après avoir perdu une montre suisse de luxe d’une valeur de 200 000 $ (environ 139 000 €) appartenant à des criminels britanniques.
Ann-Marie Beveridge, membre du panel de la commission, a exprimé des réserves quant à la sincérité de Hennessy, estimant que son récit tendait à le présenter comme un sauveur de sa famille.
« Il a affirmé à un moment donné qu’il était facilement influençable. Nous ne sommes pas si sûrs. »
Ann-Marie Beveridge, membre du panel de la commission des libérations conditionnelles
Hennessy a été arrêté quelques semaines après son arrivée en Nouvelle-Zélande, alors qu’il se rendait chez une victime de 83 ans pour récupérer 20 000 $ (environ 14 000 €). Il avait déjà soutiré 16 000 $ (environ 11 000 €) à cette même victime. Une brève course-poursuite avec la police a précédé son arrestation.
La commission des libérations conditionnelles a finalement accepté de le libérer en mars, à condition qu’il soit immédiatement placé sous la garde des autorités de l’immigration néo-zélandaises en vue de son expulsion du pays. Il lui a été interdit de retourner en Nouvelle-Zélande avant septembre 2027.
* Cet article a été initialement publié dans le Héraut de Nouvelle-Zélande.