La Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) va soumettre au vote une interdiction potentielle de certaines conceptions de moteurs de Formule 1, suscitant des tensions au sein du paddock et pointant du doigt Mercedes. L’enjeu : une interprétation controversée des nouvelles règles concernant les taux de compression, qui pourrait avantager le constructeur allemand.
Les autres écuries suspectent Mercedes d’avoir trouvé une astuce pour respecter les tests de légalité lorsque le moteur est froid, tout en atteignant un taux de compression plus élevé – et donc une puissance supérieure – une fois qu’il est en fonctionnement à chaud. La FIA a confirmé ce mercredi qu’elle a « développé en collaboration une méthodologie pour quantifier l’évolution du taux de compression entre les conditions ambiantes et les conditions de fonctionnement ».
Le vote, qui opposera Mercedes à ses quatre concurrents – Red Bull (qui construit ses moteurs pour la première fois cette année), Ferrari, Honda et Audi – portera sur l’instauration d’une température de fonctionnement représentative de 130°C à partir du 1er août, soit après la pause estivale de la F1. Une majorité qualifiée de cinq à sept voix sera nécessaire pour que cette mesure soit adoptée. Dans ce cas, Mercedes aurait jusqu’au Grand Prix de Hongrie, soit 13 courses, pour apporter les modifications nécessaires. La saison de F1 compte au total 24 courses.
Le vote se déroulera par voie électronique, a précisé la FIA, sans donner d’autres détails. Les résultats seront communiqués dans les dix jours, à temps pour le Grand Prix d’ouverture en Australie le 8 mars.
Mercedes conçoit ses propres moteurs et les fournit à l’équipe championne du monde en titre, McLaren, ainsi qu’à Alpine et Williams. Le patron de Mercedes, Toto Wolff, avait déclaré début mars que son équipe et ses clients seraient « foutus » si la FIA et la F1 se rangeaient du côté de ses rivaux, en réponse à une question portant sur un éventuel durcissement des règles avant le Grand Prix d’Australie. Le vote de la FIA repousse donc ce scénario au milieu de l’année.
Dans un communiqué, la FIA a précisé : « Au cours des dernières semaines et des derniers mois, la FIA et les constructeurs de groupes motopropulseurs ont collaboré pour développer une méthodologie permettant de quantifier l’évolution du taux de compression entre les conditions ambiantes et les conditions de fonctionnement. Suite à la validation de cette approche, une proposition a été soumise visant à ce que, à partir du 1er août 2026, la conformité à la limite du taux de compression soit démontrée non seulement dans des conditions ambiantes, mais également à une température de fonctionnement représentative de 130°C. »
Ce vote met fin aux craintes d’une éventuelle protestation de la part des concurrents après le Grand Prix d’Australie, un scénario que certains craignaient. Plus tôt dans la journée, Laurent Mekies, le directeur de l’équipe Red Bull, avait souligné que son équipe souhaitait avant tout une clarification des règles :
« Nous nous moquons peu que la réglementation aille à gauche ou à droite, a-t-il déclaré. Ce que nous voulons absolument, c’est une clarté sur ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire. C’est ce sur quoi nous travaillons avec la FIA et les autres constructeurs de groupes motopropulseurs afin d’obtenir cette clarté absolue. Je suis convaincu que nous y parviendrons. »