Publié le 10 février 2026 09:39:00. Des points rouges énigmatiques détectés par le télescope spatial James Webb pourraient révéler la naissance de trous noirs massifs dans l’univers primitif, remettant en question les modèles actuels de formation des galaxies.
- Le télescope James Webb a identifié des objets astrophysiques rouge vif datant de quelques centaines de millions d’années après le Big Bang.
- Ces « Petits points rouges » pourraient être des trous noirs formés par effondrement direct de nuages d’hydrogène froid.
- Des simulations informatiques corroborent cette hypothèse, suggérant que ces trous noirs pourraient avoir atteint une masse considérable très rapidement.
Le télescope spatial James Webb, conçu pour observer l’univers naissant, livre des images qui dépassent les attentes des scientifiques. Au lieu de confirmer les théories existantes, il soulève de nouvelles questions, notamment concernant la formation des premières galaxies et des trous noirs supermassifs qui les habitent. Parmi les découvertes les plus intrigantes figurent de petits objets rouge vif, surnommés « Petits points rouges », qui défient les modèles cosmologiques établis.
Initialement, ces objets avaient été envisagés comme des régions de formation d’étoiles particulièrement intenses. Cependant, cette hypothèse ne correspond pas aux prévisions théoriques, qui suggèrent que des galaxies aussi massives n’auraient pas pu se former aussi tôt dans l’histoire de l’univers – soit moins d’un milliard d’années après le Big Bang.
D’autres théories ont été avancées, notamment celle d’Avi Loeb, qui suggère que ces points rouges pourraient être des étoiles supermassives, dépourvues de métaux et pesant des millions de fois la masse du Soleil. Mais c’est Fabio Pacucci, du Harvard & Smithsonian Center for Astrophysics (CfA) et de la Black Hole Initiative (BHI) de l’Université Harvard, qui propose une explication plus convaincante, selon lui : il s’agirait de trous noirs formés par effondrement direct (Direct Collapse Black Holes).
Ces trous noirs hypothétiques se formeraient par l’effondrement gravitationnel d’un nuage entier d’hydrogène froid, sans passer par la formation d’étoiles intermédiaires. Ils seraient alors extrêmement massifs dès leur naissance, atteignant une masse de plusieurs centaines de milliers de fois celle du Soleil. Les simulations informatiques menées par l’équipe de Pacucci, combinant modélisation du rayonnement et hydrodynamique, soutiennent cette hypothèse. Elles montrent que ces trous noirs en effondrement direct engloutissent avidement la matière environnante, ce qui correspond aux observations du télescope Webb.
Si cette théorie s’avère correcte, elle impliquerait que des trous noirs massifs ont pu se former très rapidement dans l’univers primitif, modifiant notre compréhension de l’évolution des galaxies.
Vidéo: Fabio Pacucci – La chasse aux premiers trous noirs de l’univers
Vidéo: Un trou noir peut-il être détruit ? – Fabio Pacucci
Références
Universe Today, 5 février 2026