Reece Walsh, l’éclair australien qui a illuminé Wembley, a incarné à lui seul le fossé qualitatif séparant les Kangaroos de l’Angleterre, samedi dernier à Londres. Sa performance a non seulement scellé la victoire de son équipe, mais a aussi captivé le public, même ceux peu familiers avec le rugby à XIII.
Dès l’entame de la seconde période, l’arrière des Wallabies a démontré son talent exceptionnel. Lors de la première offensive australienne après la pause, Walsh a parcouru 80 mètres, profitant d’une légère hésitation du demi de mêlée anglais Mikey Lewis. Bien que l’Angleterre ait dans un premier temps résisté à cette percée, le gain de terrain ainsi obtenu a mis l’Australie en position idéale pour marquer un essai décisif, portant le score à 2-0 dans la série.
Ce n’était pas la première fois que Walsh faisait trembler les filets. Il avait déjà ouvert le score dans cette série, concluant un mouvement collectif abouti par un plongeon spectaculaire. Cet essai, intervenu après vingt minutes initialement confuses qui avaient pu laisser entrevoir un faux espoir à l’Angleterre, a permis à la nation numéro un mondiale de prendre l’ascendant.
Le coup de grâce est venu de sa deuxième réalisation personnelle, le quatrième essai australien, venant s’intercaler entre les deux essais d’Angus Crichton. Cette action a scellé une victoire cinglante pour les hôtes, ramenés brutalement à la réalité devant plus de 60 000 spectateurs réunis à Wembley.
Peter V’landys, le président de la Ligue de Rugby australienne, n’a pas caché son admiration : « C’est un joueur de classe mondiale, et le public veut voir ce genre de talent, même s’il ne s’intéresse pas particulièrement au rugby à XIII. Des athlètes comme Reece Walsh attirent l’attention. »
Walsh n’est pas seulement un marqueur d’essais spectaculaire. Son apport défensif fut crucial pour permettre à l’Australie de contenir les assauts anglais avant de passer à la vitesse supérieure offensivement.
Comparé à une pop star, le jeune joueur est également connu pour ses frasques parfois déconcertantes. Ses ongles souvent peints, qu’il décore en l’honneur de sa fille de quatre ans, Leila, en font une personnalité singulière. Il a notamment fait le buzz sur les réseaux sociaux le mois dernier en partageant une vidéo où il buvait de l’eau dans une cuvette de toilettes neuve, plaisantant sur ses vertus pour la récupération musculaire. Bien que le club ait dû rapidement diffuser un message de mise en garde, V’landys relativise : « Je pense que cela fait partie de son personnage. C’est un jeune homme, et honnêtement, ses écarts n’ont jamais été très graves. Être plombier est une bonne profession, mais comme nous tous, il va faire des erreurs dans la vie et il faut en tirer des leçons. »