Publié le 24 octobre 2025. Des images choquantes d’enfants dormant dans les jardins d’un hôtel de luxe à La Havane ont mis en lumière la précarité et l’abandon institutionnel touchant les mineurs cubains, forçant le régime à reconnaître une réalité jusque-là occultée par le discours officiel.
La scène, capturée dans les jardins de l’hôtel Gran Muthu Habana, situé dans le quartier huppé de Miramar, a suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux. La diffusion de ces images a contraint le gouvernement cubain à sortir de son silence, reconnaissant l’existence d’une extrême pauvreté et d’un abandon institutionnel affectant des centaines de mineurs sur l’île.
Les informations initiales, relayées par « Nouvelles des étoiles », ont attribué la situation à des « familles dysfonctionnelles » et ont annoncé des poursuites pénales contre les parents pour « manquement à l’exercice de leur responsabilité parentale ». Cependant, les reportages télévisés ont eux-mêmes mis en évidence la lenteur de la réaction de l’État, les institutions chargées de la protection de l’enfance n’ayant agi qu’une fois que l’affaire a pris une ampleur virale sur Internet.
La directrice de l’hôtel a d’ailleurs confirmé avoir alerté les autorités pendant des mois sans obtenir de réponse concrète. Ce n’est qu’après le tollé médiatique qu’une équipe gouvernementale s’est déplacée pour constater l’aggravation de la situation, reconnue par les autorités comme s’étant « aggravée depuis le début de l’été ».
Le gouvernement a tenté de minimiser l’ampleur du phénomène en le présentant comme un simple problème de discipline familiale, imputant la responsabilité à « l’irresponsabilité des tuteurs ». Néanmoins, les investigations ont révélé des causes structurelles plus profondes. Celles-ci incluent un manque criant de travailleurs sociaux, une inefficacité des établissements scolaires dans la détection des absences prolongées, ainsi qu’une précarité économique qui pousse les enfants à chercher de quoi manger ou gagner de l’argent dans la rue.
Des témoignages de riverains confirment cette détresse : des enfants s’approchent régulièrement des touristes pour solliciter « un peso ou un dollar pour manger ». Cette scène devient tristement de plus en plus fréquente dans les zones touristiques de La Havane.
Les cas d’enfants et d’adultes mendiant dans les rues cubaines sont le reflet d’une inégalité croissante et du désespoir de familles survivant dans des conditions précaires. Cette situation contraste fortement avec la priorité accordée par le régime aux investissements hôteliers et aux projets touristiques, souvent contrôlés par le groupe GAESA.
Alors que Cuba se présente devant les organisations internationales comme un pays engagé pour la défense des droits des enfants, la réalité sur le terrain contredit ce discours officiel. L’absence de politiques d’aide sociale efficaces et la détérioration économique ont créé un environnement où des enfants vulnérables se retrouvent livrés à eux-mêmes, errant la nuit, dormant dans les parcs ou, comme dans ce cas édifiant, dans les jardins d’un établissement de luxe.