Publié le 06-10-2025 07:49:00. Pendant le week-end prolongé de Chuseok, Séoul a intensifié ses efforts diplomatiques pour débloquer les négociations commerciales complexes avec Washington, alors que la date limite du sommet de l’APEC approche à grands pas.
- Le gouvernement sud-coréen cherche à finaliser les détails d’un accord commercial avec les États-Unis avant la réunion de l’APEC, prévue à Gyeongju.
- Un voyage diplomatique aux États-Unis a permis de discuter de la structure de l’investissement proposé et de ses répercussions sur le marché des changes.
- La Corée met en avant sa proposition d’accord de swap de devises illimité pour apaiser les craintes américaines liées à un investissement en espèces.
Malgré le jour férié, le gouvernement sud-coréen a multiplié les initiatives pour parvenir à un accord sur les tarifs douaniers avec les États-Unis. L’objectif est de boucler les discussions avant la tenue du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), qui se déroulera à la fin du mois à Gyeongju. Dans cette optique, des représentants de haut rang ont été dépêchés outre-Atlantique, et une réunion d’urgence a été convoquée pour examiner les stratégies à adopter.
Le ministre de l’Industrie, Kim Jung-Kwan, récemment de retour de New York où il a rencontré le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a indiqué que Washington comprenait les risques de déstabilisation du marché des changes coréen si Séoul acceptait l’exigence du président américain Donald Trump de verser la totalité des 350 milliards de dollars prévus pour l’investissement, en espèces. Kim Jung-Kwan s’est montré optimiste quant à la possibilité de nouvelles rencontres avant le sommet de l’APEC, et a confié aux journalistes à l’aéroport international d’Incheon que les deux parties avaient réussi à réduire l’écart concernant le marché des changes.
Depuis l’accord de juillet, où les États-Unis ont consenti à réduire leurs tarifs généraux sur les produits coréens de 25 % à 15 % en contrepartie d’un investissement coréen de 350 milliards de dollars dans les industries américaines, aucun accord commercial officiel n’a encore été signé. Des divergences persistent quant à la structure de cet investissement. Alors que Washington privilégie un versement en espèces et reste muet sur la proposition coréenne d’utiliser des prêts et des garanties, Séoul a répliqué en offrant un accord de swap de devises illimité afin de limiter les impacts sur son marché des changes. Kim Jung-Kwan a confirmé avoir abordé cet arrangement avec Howard Lutnick, tout en restant prudent quant à l’éventualité de progrès concrets. Il a par ailleurs nié que les déclarations de Trump, demandant un paiement « anticipé » de la part de la Corée, aient été discutées.
La veille du retour de Kim Jung-Kwan, le bureau présidentiel sud-coréen avait organisé une réunion de crise sur la question des tarifs douaniers américains, afin de faire le point sur les échanges menés avec Howard Lutnick. Dans un communiqué, le bureau présidentiel a affirmé que le gouvernement poursuivrait les négociations avec les États-Unis en plaçant les intérêts nationaux au premier plan.
L’ambassadeur de Corée aux États-Unis, Kang Kyung-wha, s’adressant à la presse à son arrivée à l’aéroport international de Dulles, près de Washington, le samedi (heure locale). Yonhap
L’ambassadrice de Corée nouvellement nommée aux États-Unis, Kang Kyung-wha, est arrivée sur le sol américain le samedi (heure locale). Considérant les discussions sur le fonds d’investissement de 350 milliards de dollars comme un enjeu majeur pour les relations bilatérales, elle s’est engagée à mobiliser « toutes les ressources de l’ambassade ». Avant son départ, elle avait rencontré le président exécutif de Hyundai Motor Group, Chung Euisun, pour évoquer les tarifs de 25 % imposés aux importations de voitures coréennes aux États-Unis. Kang Kyung-wha a souligné son rôle de soutien auprès des ministres de l’Industrie et du Commerce dans leurs efforts pour conclure un accord.
Par ailleurs, quatre parlementaires du Parti démocrate au pouvoir en Corée se rendront aux États-Unis mardi afin d’exposer la position coréenne concernant le fonds d’investissement de 350 milliards de dollars auprès d’hommes d’affaires américains. Le représentant Lee Un-Ju a exprimé l’espoir que cette visite contribuera à faciliter les négociations tarifaires.
Cependant, des incertitudes demeurent quant à la capacité de la Corée à atteindre ses objectifs, notamment en raison de la visite prévue de Donald Trump en Corée, limitée à une journée avant le sommet de l’APEC. Des spéculations circulent selon lesquelles la durée écourtée de son séjour pourrait être liée à la lenteur des pourparlers tarifaires avec la Corée.