Home Divertissement The Guardian view on the Southbank Centre: ministers must support innovation in the present as well as the past | Editorial

The Guardian view on the Southbank Centre: ministers must support innovation in the present as well as the past | Editorial

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Le Southbank Centre de Londres, un ensemble architectural brutaliste emblématique regroupant la Queen Elizabeth Hall, la Hayward Gallery et la Purcell Room, vient d’obtenir le statut de monument classé de Grade II. Cette décision gouvernementale, saluée par les défenseurs du patrimoine, intervient soixante-quinze ans après la transformation du South Bank par le Festival de Grande-Bretagne de 1951.

Seule la Royal Festival Hall subsiste encore de cette époque. Depuis ses débuts d’après-guerre, le South Bank s’est imposé comme un pôle culturel majeur, dont l’influence dépasse largement les frontières de la capitale britannique. La portion de la promenade de la Tamise qui englobe le Southbank Centre, les cinémas du BFI, le Royal National Theatre, la Tate Modern et le Shakespeare’s Globe, a pris la relève du prestigieux quartier des musées de Kensington et de la Royal Albert Hall.

Le Festival de 1951 avait pour objectif d’aider le pays à se relever des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et à envisager un avenir meilleur. La décision de protéger l’ensemble du Southbank Centre, construit dans les années 1960, est donc perçue comme une validation de cette vision d’espoir. Cette reconnaissance met également fin à un débat de plusieurs décennies sur l’architecture d’après-guerre en Grande-Bretagne et les choix esthétiques de cette période.

Bien que le Royal National Theatre de Sir Denys Lasdun, construit dans un style similaire à proximité, ait été classé il y a plus de 30 ans, le Southbank Centre – conçu par une équipe du London County Council dirigée par Norman Engleback – a toujours suscité la controverse. En 1967, le Daily Mail titrait même : « Ce bâtiment est-il le plus laid de Grande-Bretagne ? »

Malgré son apparence massive et grisâtre, ses dédales de passerelles et son sous-sol labyrinthique qui ne plaisent pas à tout le monde, le centre a accueilli des millions de spectateurs pour une programmation artistique extrêmement variée. Pour certains, il est austère et oppressant ; pour d’autres, monumental et ouvert à tous. La nature intransigeante du brutalisme explique qu’il ne puisse jamais faire l’unanimité.

Cependant, l’époque où les plus grands édifices de ce style étaient considérés comme des erreurs à effacer est heureusement révolue. Des œuvres littéraires et cinématographiques récentes témoignent d’un regain d’intérêt pour cette architecture. L’écrivaine Catherine O’Flynn s’est inspirée du regret lié à la démolition de la Birmingham Central Library de John Madin pour son roman, et Adrien Brody a remporté un Oscar l’année dernière pour son rôle d’architecte brutaliste.

Des ensembles de logements sociaux tels que la Trellick Tower à Londres et Park Hill à Sheffield, conçus par Ernö Goldfinger, arborent désormais des motifs sur des torchons et des tasses. Le Southbank Centre, bien que faisant partie de cette même famille architecturale, a une vocation différente. Après avoir pris la décision de préserver les bâtiments, les autorités doivent désormais s’assurer de leur fonctionnalité.

Plusieurs projets de réaménagement visant à augmenter l’espace commercial et à réduire la dépendance du centre aux subventions ont échoué ces dernières années, notamment en raison de l’opposition à la relocalisation du skatepark situé au bord de la rivière. Cette décision de classement met donc un terme à ces tentatives. À l’avenir, toute modification du site sera beaucoup plus difficile.

Les ministres doivent également soutenir les artistes et les conservateurs qui font vivre le lieu. Le Southbank Centre a sollicité une aide de 30 millions de livres sterling (environ 35 millions d’euros) auprès du gouvernement. Après avoir renoncé à la réurbanisation, les autorités doivent désormais soutenir les acteurs de la création contemporaine, dans l’esprit de cette époque où l’État britannique croyait en la nécessité de construire audacieusement pour le bien public.

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