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Trump met en garde contre la remise de Starmer

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Publié le 20 février 2026 14:27:00. Londres se retrouve dans une situation délicate concernant la base militaire américaine de Diego Garcia, dans l’océan Indien. L’intervention surprise de Donald Trump, qui s’oppose à la restitution de l’archipel des Chagos à Maurice, complique les plans du gouvernement britannique et soulève des questions sur l’utilisation potentielle de la base en cas de conflit avec l’Iran.

  • Le gouvernement britannique hésite à autoriser l’utilisation de ses bases, dont Diego Garcia, pour d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran, craignant que cela ne soit contraire au droit international.
  • Donald Trump s’oppose fermement à la restitution des îles Chagos à Maurice, estimant que les États-Unis pourraient avoir besoin de Diego Garcia en cas de crise.
  • Des descendants des habitants originels des Chagos ont occupé une île de l’archipel pour empêcher son retour à Maurice et réclament le respect de leurs droits.

L’affaire des îles Chagos, un archipel isolé entre Maurice, les Seychelles et les Maldives, prend une tournure inattendue. Au cœur du litige se trouve la base militaire américano-britannique installée sur l’île de Diego Garcia, un atout stratégique convoité par les États-Unis. L’été dernier, le gouvernement britannique de Keir Starmer avait pourtant accepté de céder l’archipel à Maurice, à condition que la base militaire reste sous contrôle britannique pendant 99 ans, en échange d’un paiement annuel de 107 millions de francs suisses (environ 115 millions d’euros).

Cette base pourrait servir de point de départ pour d’éventuelles frappes aériennes américaines contre l’Iran. Diego Garcia a déjà été utilisée par les États-Unis et la Grande-Bretagne lors des opérations en Afghanistan et en Irak, ainsi que dans la lutte contre le terrorisme. Des bombardiers américains B-2 pourraient ainsi atteindre des cibles iraniennes en quelques heures, l’île étant hors de portée des missiles iraniens. La base de Fairford, dans le Gloucestershire, au Royaume-Uni, pourrait également être envisagée.

Selon les médias britanniques, le gouvernement de Londres est réticent à autoriser l’utilisation de ses bases pour des frappes contre l’Iran, estimant qu’une telle action pourrait ne pas être conforme au droit international. Londres suit une pratique consistant à être consulté avant toute action militaire entreprise à partir de son territoire, et exige que ces opérations respectent à la fois le droit britannique et le droit international.

L’intervention de Donald Trump a relancé le débat. Sur son réseau social Truth Social, il a dénoncé la restitution des îles à Maurice, la qualifiant de « fiction » et accusant Keir Starmer d’avoir commis une « grave erreur ». Il a souligné la nécessité potentielle d’utiliser Diego Garcia en cas de conflit et a averti que les États-Unis ne devraient pas abandonner cet atout stratégique.

« Ce territoire ne doit pas être retiré au Royaume-Uni, si cela se produit, ce sera un désastre pour notre grand allié. »

Donald Trump, ancien président des États-Unis

L’opposition britannique a saisi cette occasion pour critiquer l’accord conclu avec Maurice. Kemi Badenoch, figure de proue des conservateurs, a qualifié cette décision de « stupidité » et d’« auto-sabotage », dénonçant le coût exorbitant de l’opération (35 milliards de livres sterling, soit environ 41 milliards d’euros).

La ratification de l’accord de restitution des îles est actuellement bloquée au Parlement britannique. Le gouvernement britannique pourrait être amené à revoir sa position, d’autant plus qu’il avait toujours affirmé ne pas vouloir mettre en œuvre la décision sans l’accord de Washington.

La volonté de la Grande-Bretagne de restituer les îles à Maurice découle d’un avis non contraignant de la Cour internationale de justice de La Haye, datant de 2019. La Cour avait estimé que le Royaume-Uni n’avait aucun droit légitime sur cet archipel situé à plus de 9 300 kilomètres de ses côtes, le considérant comme un vestige colonial. Cependant, le lien entre Maurice et les îles Chagos remonte à l’époque coloniale britannique, lorsque les deux territoires formaient une unité administrative commune.

Les habitants originels des îles Chagos avaient été relocalisés à Maurice après la construction de la base militaire américaine, où ils ont subi des discriminations. Aujourd’hui, de nombreux descendants de ces personnes déplacées vivent au Royaume-Uni et s’opposent fermement au retour des îles à Maurice. Ils ont récemment reçu le soutien du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale.

Les Chagossiens vivant au Royaume-Uni manifestent devant le Parlement à Westminster contre le retour des îles Chagos à Maurice.

Les Chagossiens vivant au Royaume-Uni manifestent devant le Parlement à Westminster contre le retour des îles Chagos à Maurice.

Erreur Kola / Reuters

Un petit groupe de descendants chagossiens a même entrepris d’occuper une île inhabitée de l’archipel pour empêcher son retour à Maurice. Leur chef, Misley Mandarin, ancien chauffeur de bus londonien, s’est autoproclamé président par intérim de l’archipel. Le ministère britannique des Affaires étrangères a condamné cette action et a émis un ordre d’expulsion, mais Mandarin a déclaré à la BBC qu’il faudrait les enlever de force. Il a également remercié Donald Trump pour son intervention, affirmant que seul le président américain avait ouvert les yeux du Premier ministre britannique.

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