Publié le 22 février 2026 à 03h30. Une exploitation agricole d’Australie-Occidentale a mis au point un système de clôtures intelligent et étendu sur 9 kilomètres pour piéger les chèvres sauvages, réduisant ainsi le stress pour les animaux et les coûts opérationnels.
La station Murchison House, située à 570 kilomètres au nord de Perth, a opté pour une approche innovante pour gérer la population de chèvres sauvages, considérées comme des ravageurs en Australie-Occidentale. Au lieu des méthodes traditionnelles impliquant des hélicoptères et des motos, l’exploitation utilise désormais un vaste enclos intelligent pour capturer les animaux de manière plus douce et efficace.
Ce système, qualifié de « parc à pièges de gestion totale des pâturages » par Calum Carruth, propriétaire de Murchison House, s’étend sur 9 kilomètres de long et 25 mètres de large. Il permet de diriger les chèvres vers un point de collecte où elles peuvent être chargées sur un camion et acheminées vers le marché. Les chèvres sauvages sont un ravageur déclaré destructeur en Australie occidentale et sont bien établies dans le parc national de Kalbarri.
L’originalité du dispositif réside dans son fonctionnement à distance. Les 10 portails d’entrée peuvent être ouverts et fermés à l’aide d’un smartphone, même à 20 kilomètres de distance. De plus, sept réservoirs d’eau équipés de capteurs fournissent des informations précieuses sur la présence et le nombre d’animaux, facilitant ainsi la fermeture des pièges au moment opportun.
« C’est peut-être l’un des plus grands au monde, il mesure 9 km de long sur 25 mètres de large. »
Calum Carruth
La construction de ce parc de pièges répond également à une préoccupation environnementale. La famille Carruth, propriétaire de Murchison House depuis plus de 30 ans, souhaitait protéger le fragile écosystème de Pillawarra, une zone de l’exploitation caractérisée par des sédiments marins préhistoriques et une forte érosion. Les chèvres sauvages étaient attirées par les sources d’eau et le pâturage abondant de cette zone, causant des dommages importants.
Le système de télémétrie utilisé repose sur un réseau de radiofréquence, semblable au Wi-Fi, qui permet de contrôler les portails et de collecter des données. Annie Brox, de l’entreprise Origo.ag, a collaboré avec les Carruth pour concevoir et construire ce système innovant.
« La magie ici, c’est que nous utilisons une technologie de radiofréquence bien connue… c’est comme le Wi-Fi, mais c’est sur une fréquence différente. »
Annie Brox
Les Carruth envisagent d’étendre ce système à d’autres régions d’Australie pour contrôler les populations d’animaux sauvages tels que les cochons sauvages ou les chameaux. Ils estiment que cette approche pourrait réduire considérablement les coûts et le stress associés aux méthodes traditionnelles de piégeage.
La station Murchison House, qui s’étend sur 140 000 hectares (350 000 acres) et borde l’océan Indien sur 60 kilomètres et la rivière Murchison sur 30 kilomètres, combine désormais une technologie de pointe et des pratiques agricoles ancestrales pour une gestion durable de son territoire.
Les chèvres peuvent rapporter jusqu’à 90 dollars par tête en fonction de leur poids. (ABC Mid West et Wheatbelt : Chris Lewis)