Publié le 20 octobre 2025. Dans un secteur de la médecine esthétique en pleine effervescence, le Dr Ed Robinson, médecin esthétique primé, partage son expertise sur les tendances actuelles, les défis et l’importance cruciale de la réglementation. Il aborde également le rôle des réseaux sociaux et l’évolution de la perception du vieillissement.
- La demande pour les injections antirides reste forte, mais les biostimulateurs et le resurfaçage cutané gagnent du terrain pour une amélioration globale de la qualité de la peau.
- Les revenus d’un praticien esthétique varient considérablement, allant de 30 000 £ pour les débutants à plus de 70 000 £ pour les plus expérimentés, sans compter les bonus.
- Le manque de réglementation au Royaume-Uni représente la principale menace pour l’industrie, mettant en danger la sécurité des patients face à des praticiens non qualifiés.
Le quotidien du Dr Ed Robinson est rythmé par son travail pour le National Health Service (NHS) – environ 28 heures par semaine – et quatre jours consacrés à sa clinique privée. « En tant que propriétaire d’entreprise, il est difficile de ne pas trouver quelque chose à faire en permanence », confie-t-il, soulignant l’importance croissante de fixer des limites pour préserver son équilibre.
Les procédures les plus courantes dans les cliniques non chirurgicales restent les injections antirides, dont le coût oscille généralement entre 200 £ et 350 £ par séance. Cependant, une tendance notable émerge : une demande accrue pour les biostimulateurs et le resurfaçage au laser. Ces traitements visent une amélioration de la qualité de la peau, au-delà de la simple correction des rides. Les célébrités, notamment via les réseaux sociaux, influencent fortement les attentes des patients. Le Dr Robinson cite l’exemple de Kris Jenner, dont l’approche esthétique, mêlant traitements chirurgicaux et non chirurgicaux, est saluée pour avoir rajeuni son apparence tout en conservant son identité.
« Les traitements doivent être personnalisés et célébrer l’individualité, sans chercher à ce que tout le monde se ressemble ou ressemble à quelqu’un d’autre. »
Dr Ed Robinson, Médecin Esthétique
La transparence et la recherche préalable sont primordiales. Le Dr Robinson raconte le cas d’une patiente ayant développé de graves abcès après des injections pratiquées par un praticien non médical, nécessitant une intervention chirurgicale et laissant des cicatrices importantes. Ce cas souligne les risques liés à l’absence de formation médicale adéquate pour la gestion des complications, qui requièrent souvent une évaluation rapide et l’administration de médicaments sur ordonnance.
Les signaux d’alerte à surveiller incluent les traitements proposés dans des environnements non cliniques, des prix anormalement bas, et un manque flagrant de qualifications médicales. Il est conseillé de ne pas hésiter à interroger les praticiens sur leurs diplômes, leur assurance et leur protocole de gestion des complications.
L’influence des réseaux sociaux, avec des personnalités comme Kylie Jenner, a entraîné une augmentation des demandes pour des injections dans les lèvres ou le contour de la mâchoire. Inversement, la démarche de personnalités telles que Molly Mae, qui a partagé son expérience de dissolution de ses injections, a également suscité un intérêt accru pour cette procédure. Bien que ces témoignages contribuent à une plus grande visibilité de l’esthétique, ils peuvent également créer des idéaux et des attentes irréalistes, surtout lorsque les budgets des célébrités sont pris en compte.
Le Dr Robinson refuse systématiquement les patients lorsque le traitement n’est pas bénéfique, s’avère risqué, ou lorsque les attentes sont basées sur la comparaison plutôt que sur le désir d’épanouissement personnel. « Parfois, dire non est l’option la plus saine », affirme-t-il.
« J’aime désormais sous-promettre et sur-délivrer dans ma pratique. Les ‘ajustements’ non chirurgicaux consistent à apporter de petites modifications qui s’accumulent avec le temps, mais cela demande de la patience et le respect des plans de traitement. »
Dr Ed Robinson, Médecin Esthétique
La pression des réseaux sociaux et l’usage omniprésent des filtres contribuent à façonner des attentes irréalistes, incitant de nombreux jeunes patients à recourir à des traitements inspirés par leurs idoles en ligne. Le Dr Robinson plaide pour une meilleure éducation, une réglementation accrue et des discussions ouvertes sur l’image corporelle. Les cliniques ont la responsabilité de refuser les traitements inappropriés.
Concernant le maintien d’une peau jeune et sans rides sans recours à la chirurgie, le conseil principal est l’application quotidienne d’un écran solaire (FPS). Les rayons UVA et UVB sont des facteurs majeurs du vieillissement cutané et sont présents toute l’année. Une bonne hygiène de vie, incluant un sommeil suffisant, une hydratation adéquate et un équilibre général, optimise les bénéfices.
Pour une approche d’« aesthetic naturelle », l’accent est mis sur les soins de la peau : nettoyage doux, hydratation, vitamine C et protection solaire. Des soins du visage médicaux réguliers peuvent constituer une base solide pour une peau saine, en l’absence de recours aux injectables. L’impact d’une optimisation des facteurs liés au mode de vie – sommeil, stress, activité physique, alimentation et hydratation – est souvent sous-estimé.
Le Dr Robinson constate une augmentation significative des consultations pour traiter les effets secondaires de certains médicaments tels que les analogues du GLP-1 (comme Mounjaro), qui peuvent entraîner une perte de volume facial et une altération de la qualité de la peau, principalement dues à une perte de poids rapide. Les biostimulateurs, qui favorisent la régénération tissulaire, se montrent particulièrement efficaces pour contrer ces effets. Il est important d’en tenir compte lors d’une perte de poids, particulièrement avec l’avancée en âge.
L’ère du « vieillir avec élégance » n’a pas disparu ; elle s’est transformée en un « vieillissement positif ». De nombreuses personnes considèrent désormais les traitements esthétiques comme une forme de soin personnel, au même titre que le sport ou les soins de la peau. L’objectif est de se sentir et d’apparaître au mieux pour son âge, sans chercher à effacer les traces du temps ni à ressembler à une autre personne.
La principale menace pour l’industrie de l’esthétique au Royaume-Uni réside dans le manque de réglementation. Des personnes non qualifiées peuvent administrer des injections sans contrôle approprié, compromettant ainsi la sécurité des patients. Une législation plus stricte est urgemment nécessaire pour améliorer les conditions de prise en charge et prévenir les complications évitables.