Le long-métrage de Steven Spielberg, Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), s’impose comme une œuvre d’évasion privilégiée, offrant le plaisir paradoxal de vivre des situations périlleuses par procuration pour s’apaiser.
Cette sensation de détente, née de l’observation du danger chez autrui, trouve un écho dans la philosophie antique. Dans son poème épique Sur la nature des choses, Lucrèce décrivait déjà ce sentiment de soulagement face aux tourments d’autrui :
« Il est réconfortant, quand les vents agitent les eaux de la vaste mer, d’observer depuis la terre les graves épreuves d’autrui… il est réconfortant de voir les tourments dont on est soi-même exempt. »
Lucrèce, Sur la nature des choses
C’est précisément ce mécanisme qui rend le parcours d’Indiana Jones si relaxant pour le spectateur. Dès les 15 premières minutes du film, le protagoniste est plongé dans un flux incessant d’épreuves : trekking dans des jungles chaudes et humides, confrontation avec des araignées et des serpents venimeux, ou encore trahisons successives de deux de ses collègues.
L’action s’enchaîne rapidement entre des sauts au-dessus de gouffres sans fond et une course effrénée pour échapper à des rochers géants, avant que le héros ne soit entravé par son grand rival et poursuivi par une tribu d’Amazones armées d’arcs et de flèches.