Publié le 4 octobre 2025. Alors que la saison des prix Nobel bat son plein, l’attention se tourne vers le potentiel lauréat du prix Nobel de la paix. Donald Trump, président américain, a été nommé et clame son éligibilité suite à la résolution de plusieurs conflits internationaux, suscitant un vif intérêt et des débats quant à ses chances et aux implications d’une telle distinction.
- Donald Trump figure parmi les 338 candidats en lice pour le prix Nobel de la paix cette année.
- Le président américain met en avant la résolution de sept différends internationaux comme justification de sa candidature.
- L’économie, avec l’annonce du prix Nobel dans ce domaine, pourrait également résonner avec les politiques commerciales actuelles de Trump.
La course au prix Nobel de la paix s’annonce particulièrement suivie cette année avec la présence de Donald Trump parmi les candidats. Fort de ses affirmations selon lesquelles il aurait mis fin à sept conflits internationaux, le président américain nourrit des ambitions pour cette distinction prestigieuse. Si des analystes politiques et diplomates internationaux restent prudents quant à ses chances réelles, l’éventualité d’une récompense, dans la lignée de celle décernée à Barack Obama en 2009, ne peut être totalement écartée. Une telle distinction pourrait renforcer la confiance de l’administration américaine dans sa politique étrangère actuelle, potentiellement susceptible de bousculer les marchés financiers.
Les annonces des lauréats du prix Nobel débutent le 6 octobre 2025 pour la physiologie, suivies de la physique (7 octobre), de la chimie (8 octobre), de la littérature (9 octobre) et enfin de la paix (10 octobre). Le prix Nobel d’économie sera dévoilé le 13 octobre. Le Comité Nobel, bien que prônant la neutralité politique, voit ses décisions scrutées mondialement comme un reflet des valeurs universelles portées par l’humanité. Le prix de la paix est attribué par le Comité Nobel norvégien.
Cette année, 338 candidatures ont été soumises pour le prix Nobel de la paix. Parmi elles, outre Donald Trump, figurent la Cour pénale internationale (CPI), l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le militant hongkongais des droits de l’homme Chow Tsz-lok (Zhou Tong), et l’ancien ministre de la Justice canadien et avocat des droits de l’homme Irwin Cotler. Le président américain a été proposé par les gouvernements du Pakistan, d’Israël et du Cambodge, ainsi que par des représentants diplomatiques du comité parlementaire ukrainien. Sa campagne de nominations s’appuie sur les réalisations diplomatiques dans des pays tels que l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Israël, l’Iran, l’Inde, le Pakistan, le Cambodge, la Thaïlande, la Serbie, le Kosovo, l’Éthiopie et l’Égypte.
Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises son désir d’être récompensé. Le 30 septembre 2025, lors d’un discours, il a déclaré : « Je ne veux pas gagner le prix Nobel de la paix, mais je veux que les États-Unis obtiennent une forme de reconnaissance ». Il a ajouté : « S’ils ne donnent rien, ce sera une insulte aux États-Unis et à ce qui se passe ». Plus récemment, lors d’une intervention au siège des Nations Unies à New York, il a affirmé : « J’ai terminé sept guerres et négocié avec des dirigeants de ces pays, mais je n’ai pas reçu d’appel des Nations Unies pour aider aux négociations ».
Seulement quatre présidents américains ont reçu le prix. Les chances de Trump sont jugées faibles, mais pas nulles.
Dans la communauté internationale, les chances de voir Donald Trump remporter le prix Nobel de la paix ne sont généralement pas considérées comme élevées. Un sondage réalisé par le Washington Post et l’institut de sondage Ipsos le 23 septembre indiquait que 76 % des Américains interrogés estiment que Trump n’est pas éligible, contre seulement 22 % d’opinions favorables. Même parmi les partisans républicains, le soutien est divisé à égalité.
Le manque de réalisations concrètes dans la résolution du conflit ukrainien et de la situation dans la bande de Gaza est souvent cité comme un frein. Concernant la guerre en Ukraine, Donald Trump avait précédemment affirmé que, s’il était élu, elle pourrait être résolue en 24 heures. Il aurait également échoué à inverser la stratégie du président russe Vladimir Poutine, qui a poursuivi son expansion territoriale en Ukraine. Trump a lui-même reconnu le 18 août 2025 lors d’un sommet avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky : « J’ai terminé six guerres et la guerre ukrainienne serait la septième ».
Concernant la bande de Gaza, Donald Trump aurait envisagé de déplacer les 2 millions de résidents palestiniens vers une région en Jordanie ou en Égypte, visant à transformer le secteur en une station balnéaire méditerranéenne. Il avait également annoncé, le 29 septembre 2025, un sommet avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour mettre en œuvre son « Initiative de paix pour la bande de Gaza ». Cette initiative prévoyait la libération des otages et la fin des hostilités en 72 heures si le Hamas acceptait 20 conditions. L’influence du comité de paix présidé par Trump sur les affaires palestiniennes reste un point clé.
Donald Trump avait posté le 3 octobre 2025 sur son réseau social Truth Social que le Hamas avait accepté cette initiative jusqu’à 18 heures le dimanche (heure de Washington). Quelques heures plus tard, le Hamas aurait concédé certaines conditions, notamment la libération des otages et le renoncement au pouvoir dans la bande de Gaza. Trump a alors réagi sur Truth Social : « Je crois que le Hamas est prêt pour une paix durable ».
Lors d’une interview le 23 septembre 2025, le président français Emmanuel Macron, présent à l’Assemblée générale des Nations Unies, a souligné que « Trump est la seule personne qui a le pouvoir d’exercer une pression pour mettre fin à la guerre en Israël ».
Le prix Nobel d’économie, dont l’annonce est prévue le 13 octobre, pourrait porter un message sur la « guerre des tarifs douaniers ».
À ce jour, seuls quatre présidents américains ont reçu le prix Nobel de la paix. Theodore Roosevelt l’a obtenu en 1906 pour sa médiation dans la guerre russo-japonaise. Woodrow Wilson a été récompensé en 1919 pour sa contribution à la création de la Société des Nations. Jimmy Carter a reçu le prix après sa présidence pour ses activités de médiation et d’amélioration des relations internationales via le « Carter Center ». Enfin, Barack Obama a été lauréat en 2009, peu après son investiture, salué pour son espoir de nouveau leadership diplomatique et de coopération internationale, bien que cette distinction ait été critiquée comme étant prématurée.
La nomination de Donald Trump, rappelant le cas Obama, pourrait également être perçue comme une reconnaissance précoce par rapport à des réalisations encore en cours. Trump a déjà été nommé pour le prix Nobel de la paix en 2018, 2020 et 2021, notamment pour les Accords d’Abraham ayant normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. Ses rencontres répétées avec le secrétaire d’État nord-coréen entre 2018 et 2019 ont également été un facteur.
Cette année, les politiques économiques de Donald Trump, qui remettent en question le libre-échange, suscitent également des interrogations quant à l’attribution du prix Nobel d’économie. Ce prix, dont l’annonce est prévue le dernier jour des remises, le 13 octobre, pourrait porter un message sur la « guerre des tarifs douaniers » initiée par le président américain. Parmi les candidats potentiels figurent des économistes reconnus tels que David Autor du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Raj Chetty de l’Université Harvard, et Nicholas Bloom de l’Université Stanford, spécialisé dans l’impact de l’incertitude économique et politique sur l’investissement et l’emploi. Les lauréats pourraient influencer la perception de l’ordre économique mondial actuel.