Publié le 16 février 2026 à 05h55. Un cœur Tudor en or, datant de l’époque d’Henri VIII, découvert dans un étang asséché en Angleterre, a été acquis par le British Museum grâce à une vaste campagne de financement participatif.
Le British Museum a annoncé avoir réuni les fonds nécessaires pour acquérir un pendentif en or exceptionnel, surnommé le « cœur Tudor ». Cette pièce d’orfèvrerie, datant du XVIe siècle, a été déterrée en décembre 2019 par un collectionneur amateur dans le centre de l’Angleterre. L’acquisition a été rendue possible grâce à une collecte de fonds qui a mobilisé plus de 45 000 donateurs.
L’histoire de cette découverte est pour le moins insolite. Un propriétaire de café à Birmingham, passionné d’histoire, avait investi six mois auparavant dans un détecteur de métaux dans l’espoir de dénicher des trésors cachés dans les environs. C’est dans un étang asséché qu’il a finalement fait cette trouvaille inattendue.
Le dos du cœur Tudor, avec l’inscription « tous iors » (toujours).
Fiducie des musées de Birmingham
Conformément à la législation britannique, le collectionneur a dû signaler sa découverte aux autorités compétentes. Le British Museum s’est alors chargé d’évaluer l’objet, qui a été reconnu comme un trésor national. Le musée a bénéficié d’un droit de préemption et a lancé en octobre dernier un appel aux dons pour financer son acquisition.
La campagne de financement a permis de récolter 380 000 livres sterling (environ 400 000 francs suisses), soit près de 10 % du prix d’achat total de 3,5 millions de livres sterling (environ 3,66 millions de francs suisses).
Une inscription en ancien français
Ce bijou raffiné est orné de motifs émaillés et suspendu à une chaîne en or composée de 75 maillons, fermée par un fermoir original représentant une main émergeant d’un nuage – une iconographie courante à l’époque symbolisant la main de Dieu. Chaque composant de ce bijou est réalisé dans l’or le plus pur.
Le pendentif présente une valeur historique et artistique considérable. Il est notamment orné de pierres précieuses et constitue un témoignage exceptionnel de l’artisanat du XVIe siècle, comme l’a souligné le British Museum dans un communiqué. Il s’agit du seul bijou de ce type connu datant du mariage d’Henri VIII avec Catherine d’Aragon.
Le pendentif arbore la rose Tudor, symbole héraldique de la dynastie, combinant les couleurs blanche et rouge, ainsi qu’une demi-grenade, en référence à la ville de Grenade, reprise par les parents de Catherine d’Aragon, Ferdinand et Isabelle. Une banderole porte l’inscription « tous iors », signifiant « toujours » en vieux français. Le revers est orné des initiales « H » et « K », reliées par un cordon à pompons.
Le cœur Tudor en tournée
Selon le British Museum, des recherches ont révélé que le pendentif avait été créé en 1518 pour célébrer les fiançailles de la princesse Mary, alors âgée de deux ans, avec l’héritier du trône de France, âgé de huit mois. Ce mariage n’a jamais eu lieu. Mary a été couronnée première reine d’Angleterre en 1553.
« Le succès de cette campagne de financement témoigne de la fascination du public pour l’histoire et souligne l’importance de conserver des objets comme le cœur Tudor dans des musées, où ils peuvent être accessibles à tous », a déclaré Nicholas Cullinan, directeur du British Museum, dans un communiqué.
Le bijou sera exposé dans la collection permanente du musée. Une tournée nationale est également prévue afin de permettre à « l’ensemble du Royaume-Uni de découvrir et d’admirer le cœur Tudor ».