Publié le 2025-10-01 18:46:00. Le président équatorien Daniel Noboa a soumis à l’Assemblée nationale un projet de loi d’urgence économique visant à encourager les dons, notamment fiscaux, pour la police et les forces armées. Cette initiative intervient dans un contexte de violence croissante et de contestations sociales dans le pays.
- Le gouvernement propose des incitations fiscales pour les entreprises souhaitant faire des dons en biens mobiliers ou immobiliers, ainsi qu’en équipements neufs, aux forces de sécurité.
- Cette mesure vise à moderniser l’équipement et les fournitures de la police et de l’armée face à une situation sécuritaire préoccupante.
- Le projet de loi est soumis en urgence économique, accélérant son processus législatif, alors que le pays connaît une flambée de violence.
Dans une tentative d’endiguer la criminalité galopante qui frappe l’Équateur, le président Daniel Noboa a présenté un projet de loi devant l’Assemblée nationale. Ce texte, doté d’une urgence économique, vise à encourager les dons destinés à la police et aux forces armées. La loi « établit un régime économique d’incitations fiscales et de facilitation des dons », a précisé le Secrétariat général de la communication.
L’objectif affiché est de permettre une modernisation rapide de l’équipement et des ressources matérielles des forces de l’ordre. Les entreprises nationales qui feraient ces dons bénéficieraient d’une réduction de leur impôt sur le revenu pour la période budgétaire concernée. Les dons acceptés incluent des biens mobiliers et immobiliers, ainsi que du matériel neuf ou en parfait état de fonctionnement.
Cette démarche législative intervient alors que l’Équateur est secoué par une vague de violence sans précédent. Le premier semestre de 2025 a été le plus meurtrier jamais enregistré dans le pays andin, avec une augmentation de 45% des homicides intentionnels par rapport à la même période en 2024. Cette escalade de la violence est largement attribuée à des groupes criminels organisés tels que les Choneros et les Lobos, impliqués dans le trafic de drogue, et à la position de l’Équateur comme plaque tournante pour le transit et l’exportation de stupéfiants vers le nord du continent.
En parallèle, le président Noboa explore d’autres pistes pour renforcer la sécurité, notamment la réintégration de bases militaires étrangères, en particulier américaines. Cependant, la décision finale concernant un éventuel déploiement militaire étranger reviendra aux citoyens lors d’une consultation populaire prévue le 16 novembre. La visite prochaine de la secrétaire américaine à la Sécurité, Kristi Noem, vise d’ailleurs à discuter des emplacements potentiels de ces bases.
Il est à noter que ce n’est pas la première fois que Daniel Noboa recourt à la procédure d’urgence économique pour soumettre des lois à l’Assemblée. Auparavant, cette méthode a été utilisée pour les lois sur la solidarité nationale, l’intégrité publique et l’intelligence, bien que certaines dispositions aient été partiellement suspendues par la Cour constitutionnelle. Une autre loi, celle sur le renforcement et la durabilité, avait été approuvée le 26 septembre.