Publié le 2025-10-07 00:00:00. À l’occasion de la Journée mondiale pour un travail décent, les syndicats internationaux tirent la sonnette d’alarme sur la précarité grandissante, les violations des droits des enfants et la détérioration de la liberté syndicale à travers le monde.
- La Journée mondiale pour un travail décent, célébrée chaque 7 octobre, vise à placer l’emploi décent au cœur des politiques publiques et commerciales.
- Les syndicats internationaux appellent à renforcer la lutte contre la précarité, à garantir la négociation collective et à intégrer le travail décent dans les transitions numérique, verte et démographique.
- L’Indice mondial des droits 2025 de la Confédération syndicale internationale (CSI) révèle une dégradation mondiale du respect des libertés syndicales et de la négociation collective.
Depuis 2008, cette journée, initiée par la CSI, est un moment de mobilisation mondiale pour exiger des avancées concrètes dans la défense des droits des travailleurs. Le concept de « travail décent », défini par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 1999, englobe des emplois productifs, un revenu équitable, la sécurité au travail, une protection sociale, l’égalité des chances et le respect des droits du travail. Cette année, la CSI et la Confédération européenne des syndicats (CES) demandent aux gouvernements et aux employeurs un engagement accru dans ces domaines.
Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, adopté en 2015, inclut parmi ses 17 Objectifs de développement durable (ODD) la promotion d’un travail décent et d’une croissance économique inclusive et durable (ODD 8). Cet objectif vise notamment à maintenir une croissance économique soutenue, à garantir un emploi plein et productif pour tous, à réduire le nombre de jeunes sans emploi ni formation, à éradiquer le travail forcé et les pires formes de travail des enfants, et à promouvoir un environnement de travail sûr et sans risque.
Les dernières données de l’OIT, issues du rapport « Perspectives sociales et d’emploi dans le monde 2025 », indiquent que le taux de chômage mondial se maintient autour de 5 %, un niveau similaire à 2023. Cependant, la croissance de l’emploi reste insuffisante pour combler les lacunes en matière d’emploi décent. Les jeunes sont particulièrement touchés, avec un taux de chômage mondial s’élevant à 12,6 %. En 2023, le taux de participation mondial au marché du travail était de 60,8 %, avec un taux de chômage estimé à 5,1 %.
Malgré un contexte difficile, une lueur d’espoir émane des salaires réels, qui ont connu une augmentation mondiale de 2,7 % en 2024, la plus forte hausse depuis plus de 15 ans. Néanmoins, ces progrès sont inégalement répartis et des déséquilibres persistent au sein des pays.
Sur le front des droits du travail, l’Indice mondial des droits 2025 de la CSI, disponible sur ce lien, met en évidence une détérioration globale du respect des libertés syndicales et du droit à la négociation collective. Dans les Amériques, par exemple, 92 % des pays ont enregistré des entraves à l’enregistrement des syndicats, 88 % ont violé le droit de grève et 80 % ont bafoué la négociation collective. À l’échelle mondiale, le rapport souligne une tendance croissante des gouvernements à imposer des restrictions qui limitent l’action syndicale et la liberté d’association.
Concernant le travail des enfants, un rapport conjoint de l’OIT et de l’UNICEF estime que 138 millions d’enfants dans le monde sont contraints de travailler, dont un nombre significatif dans des conditions dangereuses. Ce 7 octobre, le mouvement syndical international élève sa voix pour que le travail décent cesse d’être une simple aspiration et devienne un droit universellement garanti.