Home Économie Les actions AFP préférées au Chili et le tour de leur stratégie au cours de la dernière année

Les actions AFP préférées au Chili et le tour de leur stratégie au cours de la dernière année

0 comments 113 views

Publié le 03 octobre 2025. Les fonds de pension chiliens ont enregistré l’une de leurs meilleures performances ces dernières années, largement portée par un marché boursier local en pleine effervescence. Cette dynamique s’accompagne de mouvements stratégiques significatifs au sein des portefeuilles des Administradoras de Fondos de Pension (AFP).

  • Les fonds de pension chiliens affichent une rentabilité exceptionnelle, dépassant la moyenne des cinq dernières années.
  • La bourse chilienne a connu une ascension remarquable, stimulant les gains des fonds.
  • Les AFP ajustent activement leurs participations dans les entreprises locales, renforçant certaines positions et réduisant d’autres.

La rentabilité globale du système de fonds de pension chilien a atteint 15,8% sur les douze derniers mois, inflation déduite. Ce chiffre est près de trois fois supérieur à la moyenne enregistrée sur les cinq dernières années. Une part importante de cette performance, près d’un tiers, est attribuable aux actions locales. La bourse chilienne a grimpé de 34% depuis le début de l’année, certaines actions affichant des rendements spectaculaires de plus de 70%.

Actuellement, les actions chiliennes représentent 8,5% du portefeuille global des AFP. Cette proportion varie cependant selon le profil de risque : les fonds les plus dynamiques y consacrent 12,5%, tandis que les fonds les plus conservateurs (type E) n’en détiennent que 1,9%. Depuis août 2024, la part des actifs chiliens dans les portefeuilles des AFP est passée de 6,9% à 8,5%. Cette évolution s’accompagne de changements notables dans la structure de propriété des entreprises, marqués par des investissements et des désinvestissements de ces acteurs institutionnels.

Ajustement des positions

Entre août 2024 et août 2025, les AFP ont révisé leur participation dans 74 sociétés chiliennes. Ils ont augmenté leur présence dans 49 d’entre elles, diminué dans 20, et maintenu leur niveau dans les cinq autres.

« Pour comprendre les mouvements des AFP, il faut considérer que, contrairement à de nombreux acteurs du marché, leurs stratégies d’investissement sont à plus long terme. »

Un gestionnaire d’un des principaux courtiers en bourse du pays

Dans cinq entreprises, les fonds de pension ont doublé leur participation sur cette période : Latam Airlines (passant de 6,6% à 15%), Soquimich Comercial (de 3,2% à 7,3%), Banco de Chile (de 3,2% à 6,5%), la société d’embouteillage Andina (de 3% à 6,3%) et CAP (de 1,3% à 3,2%). Concernant Banco de Chile, le responsable des revenus variables nationaux d’une AFP explique : « La position de l’industrie était très faible par rapport à sa pondération dans l’indice, il a donc été logique d’ajuster le poids que l’entreprise a sur le portefeuille. »

L’intérêt accru pour Andina s’explique non seulement par ses résultats, mais aussi par une perception favorable par rapport à ses concurrents. « CCU fait face au défi de la baisse de la consommation d’alcool et à une forte concurrence d’AB InBev, des problèmes qui n’affectent pas Andina », analyse Eduardo Ramírez de Bice Investments. Au sujet de CAP, Guillermo Araya, responsable des études de Rent a Car 4, indique : « Bien que le prix du fer ne se soit pas remis et que beaucoup voient leurs projections avec des perspectives négatives, les AFP estiment que la fermeture de l’usine d’acier Huachipato (qui a coûté 400 millions de dollars américains) permettra de renverser les pertes. » L’augmentation de la participation dans Soquimich serait quant à elle liée à des renflouements effectués par les AFP dans les fonds de petit CAP, générant ainsi une augmentation de la participation directe dans l’entreprise.

Désinvestissements

À l’inverse, les principaux désinvestissements ont concerné les sociétés HIT (passant de 8,5% à 3,6%), Falabella (de 14,1% à 6,7%), Cintac (de 25% à 11,9%), Concha y Toro (de 13,6% à 7,6%) et Entel (de 18,2% à 10,5%).

« L’industrie achetait des actions de Falabella lorsqu’elle était au plus bas, et lorsque sa valeur a récupéré, les ventes ont été exécutées. Cependant, il est difficile pour la position de continuer à diminuer aussi considérablement. »

Un autre directeur d’AFP

La baisse de participation dans HIT s’explique principalement par une augmentation de capital à laquelle une grande partie des AFP n’a pas souscrit, entraînant une dilution de leur participation. Pour Concha y Toro, la décision réagit à un changement de tendance, avec des prévisions de consommation internationale en baisse. Concernant Entel, Guillermo Araya explique que l’entreprise évolue « sur un marché extrêmement compétitif et mature, il n’est donc pas facile de se développer ». Par ailleurs, au cours de l’année écoulée, les AFP ont entièrement liquidé leurs positions dans la société industrielle El Volcán, dans la société de sécurité après sa fusion avec les BICES, et dans Ciments Bío-Bío, quelques mois avant l’offre publique d’achat (OPA).

Plus de services, moins de matières premières

Au niveau sectoriel, les AFP ont fortement augmenté leur exposition aux services, passant de représenter la moitié du portefeuille d’actions chiliennes à environ les deux tiers. En revanche, leur présence a diminué dans l’électricité, les ressources naturelles et les télécommunications. Le secteur industriel est resté stable. Selon les analystes, si les services de base ont été pénalisés pendant longtemps, ouvrant des opportunités d’investissement, la sortie des matières premières s’explique par l’incertitude liée à la guerre commerciale et aux doutes sur la croissance mondiale.

La puissance des AFP

Avec 18,4 milliards de dollars américains gérés en actions chiliennes, le secteur des fonds de pension représente environ 10% du marché local. Les AFP ne sont donc pas seulement des acteurs pertinents, mais ils définissent également la structure de propriété de plusieurs entreprises. Dans neuf sociétés, les AFP détiennent plus d’un cinquième du capital : Embonor (embouteillage, 29%), INGEVEC (26,2%), SQM-B (24,9%), SMU (24,4%), Salfacorp (24,2%), Sodimac (23,5%), Cencosud (21,8%), Cencomalls (21,1%) et Camanchaca (20,3%). En termes de montants investis, les principales participations sont Latam Airlines (2,258 milliards de dollars américains), Cencosud (1,956 milliard de dollars américains) et SQM-B (1,635 milliard de dollars américains).

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.