Alors que la France traverse une crise politique majeure marquée par la récente démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, un dispositif innovant visant à éradiquer le chômage de longue durée se retrouve à un carrefour crucial. Les « Territoires zéro chômeur longue durée » (TZCLD), expérimentés depuis 2016, attendent désormais une loi qui entérinera leur pérennisation, alors qu’ils emploient déjà 250 personnes dans la Métropole de Lyon.
La nouvelle de la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, survenue en milieu de matinée, a rejailli sur un dossier sensible. Ce dispositif, né d’une initiative d’ATD Quart Monde lancée en 2017, propose une alternative radicale aux schémas traditionnels de l’emploi. Son objectif : offrir un CDI, au SMIC et à temps choisi, à toute personne volontaire en situation de chômage de longue durée, grâce à la création d’entreprises à but d’emploi (EBE). Ce modèle, soutenu par des financements publics de l’État et des départements, a déjà fait ses preuves.
Dans la Métropole de Lyon, trois secteurs bénéficient activement de ce programme : les quartiers Saint-Jean et les Brosses à Villeurbanne, ainsi que le secteur de la Plainte-Santy, à cheval entre Saint-Fons et le 8ᵉ arrondissement de Lyon. Lydie, mère de famille résidant à Villeurbanne, témoigne de l’impact positif de cette initiative sur sa vie. « Avec quatre enfants à charge, c’était compliqué de travailler à temps plein, mais enchaîner les petits contrats précaires ne me permettait pas de vivre », confie-t-elle, le regard tourné vers sa machine à coudre. « Ici, on m’a enfin laissé une chance de montrer ce que je savais faire ». Un regain de sérénité rendu possible par un emploi stable et adapté.
Initialement déployé dans dix territoires pilotes à travers la France, dont le quartier Saint-Jean à Villeurbanne, le projet TZCLD a vu son périmètre s’élargir en 2021. L’expérimentation, encadrée par deux lois successives votées à l’unanimité en 2016 et 2020, arrive à son terme prévu le 30 juin 2026. La question de sa pérennisation est désormais au cœur des préoccupations, et une nouvelle loi est attendue pour assurer la continuité de ce modèle d’insertion professionnelle.