Publié le 6 octobre 2025. La démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, survenue en début de matinée, a semé l’inquiétude sur les marchés financiers. Les valeurs bancaires françaises ont fortement chuté à la Bourse de Paris, particulièrement sensibles aux risques liés à la dette souveraine.
- Les actions de BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole ont enregistré des baisses notables dès l’ouverture de la Bourse.
- Le CAC 40 a également subi une baisse significative, affecté par cette annonce politique.
- La hausse des taux d’intérêt de la dette française et l’écart accru avec les taux allemands témoignent de la nervosité des investisseurs.
La décision du Premier ministre français Sébastien Lecornu de démissionner ce lundi a eu un impact immédiat et notable sur le cours des grandes banques françaises cotées à Paris. BNP Paribas (-4,45% vers 12h), la Société Générale (-5,85%) et le Crédit Agricole (-4,25%) ont vu leurs titres plonger peu après l’ouverture des marchés. Cette sensibilité accrue est directement liée à leur exposition aux risques entourant la dette française.
À la mi-journée, le principal indice boursier parisien, le CAC 40, affichait une perte de 1,49%, après avoir connu une chute plus prononcée, dépassant les 2%, dans les heures suivant l’annonce. Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France, attribue cette correction à 100% à ce « événement politique ». Les cours des banques, traditionnellement réactifs aux fluctuations du coût de la dette souveraine, ont été particulièrement affectés par la hausse du rendement de l’obligation française à dix ans, passé de 3,51% la veille à 3,61% dans la foulée de la démission.
« Attaques massives » potentielles
« Les banques françaises, tout comme leurs homologues européennes, se retrouvent dans le rouge en raison de leur détention de dette française. La hausse du rendement à dix ans incite les investisseurs à revoir leur évaluation du risque », explique Alexandre Baradez. La situation est d’autant plus préoccupante qu’Antoine Andreani, directeur de la recherche chez XTB France, met en garde : « si le seuil des 3,60% sur le rendement de la dette française à dix ans est franchi, la dette française pourrait s’exposer à des attaques massives, amplifiant la nervosité des marchés ».
Parallèlement, le différentiel de taux d’emprunt entre la France et l’Allemagne sur les marchés obligataires a atteint 89 points de base peu après l’annonce, un niveau inédit depuis janvier. La veille, cet écart s’établissait à 81 points de base. « La démission de Lecornu plonge la scène politique dans une incertitude palpable. Les investisseurs craignent un effet domino sur la politique économique et budgétaire du pays », souligne Antoine Andreani, renforçant le sentiment d’inquiétude générale.