Publié le 8 octobre 2025, 15:51:00. Sanae Takaichi, nouvelle présidente du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon, envisagerait de renoncer à sa traditionnelle visite au sanctuaire Yasukuni durant le festival d’automne, une décision motivée par des préoccupations diplomatiques.
- Sanae Takaichi, présidente du PLD, pourrait ne pas visiter le sanctuaire Yasukuni lors du prochain festival d’automne (17-19 octobre).
- Cette potentielle abstention vise à éviter des réactions négatives de la Corée et de la Chine.
- La décision intervient à l’approche de l’élection du prochain Premier ministre, pour laquelle Takaichi est pressentie.
Selon le quotidien japonais Yomiuri Shimbun, des responsables du PLD auraient exprimé leur inquiétude quant aux répercussions diplomatiques qu’une visite de Takaichi au sanctuaire Yasukuni, lieu de culte controversé où sont honorés des criminels de guerre, pourrait engendrer, notamment vis-à-vis de la Corée et de la Chine. Ces mêmes sources estiment qu’il est nécessaire d’écarter tout élément susceptible de transformer cet acte en une affaire diplomatique.
Par le passé, Sanae Takaichi, lorsqu’elle était membre du gouvernement, avait l’habitude de visiter le sanctuaire Yasukuni, tant lors des commémorations de la défaite du Japon en 1945 que durant les festivals de printemps et d’automne. Sa position lors de la précédente élection à la présidence du PLD avait suscité des remous, elle avait alors déclaré : « Le sanctuaire Yasukuni est un lieu qui me tient très à cœur, et j’aimerais continuer à rendre hommage à ceux qui sont morts conformément à la politique nationale ». Cette déclaration avait alerté au sein du PLD et de son partenaire de coalition, le parti Komeito, quant à un possible impact diplomatique significatif.
Pour cette campagne électorale, Sanae Takaichi a adopté une posture plus mesurée, affirmant lors d’une conférence de presse le 4 octobre : « Je prendrai des jugements appropriés en fonction du moment et de la situation sur la manière d’honorer le mémorial et de prier pour la paix ». Cette prudence pourrait également être influencée par l’approche jugée « passive » des États-Unis concernant la visite du sanctuaire, un point soulevé par le Yomiuri Shimbun en prévision de la visite du président américain Donald Trump au Japon en fin de mois. De plus, les critiques répétées du sanctuaire par Tetsuo Saito, chef du parti Komeito, ainsi que les scandales de caisses noires et les déclarations jugées nationalistes par Takaichi, pourraient avoir pesé dans la balance.
Le Parti libéral-démocrate et le gouvernement japonais se préparent à une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le 15 octobre, consacrée à l’élection du prochain Premier ministre. Étant donné la forte probabilité que le PLD désigne le nouveau chef du gouvernement, Sanae Takaichi est largement pressentie pour devenir la prochaine Première ministre du Japon.