Publié le 2025-10-09 06:43:00. La ville de New York, son système éducatif et ses hôpitaux publics intentent une action en justice contre plusieurs géants des réseaux sociaux, les accusant d’avoir délibérément conçu leurs plateformes pour créer une dépendance chez les jeunes et d’avoir ainsi alimenté une crise de santé mentale sans précédent.
- New York, son district scolaire et NYC Health + Hospitals poursuivent Meta, Snap, TikTok et YouTube.
- Les plateformes sont accusées d’avoir intentionnellement rendu leurs services addictifs pour les adolescents.
- Le procès cite notamment le phénomène dangereux du « subway surfing », largement amplifié par les réseaux sociaux.
C’est une nouvelle salve judiciaire qui s’abat sur les réseaux sociaux. La métropole new-yorkaise, par l’intermédiaire de son district scolaire et de son réseau d’hôpitaux publics, NYC Health + Hospitals, a déposé une plainte contre Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), Snap (créateur de Snapchat), TikTok et YouTube (appartenant à Google). L’accusation principale est que ces plateformes auraient sciemment conçu des mécanismes favorisant l’addiction chez les jeunes utilisateurs, contribuant ainsi à une détérioration alarmante de leur santé mentale. Ce n’est pas la première fois que les réseaux sociaux se retrouvent dans le viseur de la justice pour des questions de sécurité et de bien-être des adolescents.
La plainte détaille que les entreprises technologiques auraient manqué à leur devoir de mettre en place des garde-fous suffisants. Le document judiciaire affirme que ces plateformes ont « créé, provoqué et contribué à la crise de santé mentale des jeunes à New York, causant des dommages à la santé et à la sécurité du public, interférant avec l’utilisation des lieux publics, y compris les écoles, et mettant en danger ou préjudiciant la santé, la sécurité, le confort ou le bien-être d’un nombre considérable de personnes, y compris les jeunes ». En conséquence, la ville, le district scolaire et les hôpitaux se sont vus contraints de mobiliser des ressources financières, humaines et temporelles considérables pour pallier cette crise.
Le recours collectif épingle particulièrement la popularité croissante des vidéos de « subway surfing », cette pratique dangereuse qui consiste à escalader et surfer sur le toit des rames de métro. Le procès souligne que plusieurs adolescents ont perdu la vie en tentant cette cascade, et plus d’une centaine ont été interpellés. Les investigations menées par le NYPD ont révélé que la motivation principale des jeunes adeptes de cette pratique était de reproduire les vidéos vues sur les réseaux sociaux et d’obtenir des « likes ». De plus, le texte mentionne que les enseignants et le personnel scolaire subissent un « traumatisme secondaire et un épuisement professionnel » liés à la prise en charge des élèves en détresse psychologique, souvent exacerbée par leur exposition aux médias sociaux.
Contactés pour réagir à cette nouvelle procédure, Meta, Snap et TikTok n’ont pas immédiatement répondu. De son côté, Google, par la voix de son porte-parole José Castañeda, a fermement démenti les accusations.
« Les allégations sont tout simplement fausses et YouTube est fondamentalement mal compris. YouTube est un service de streaming où les gens viennent regarder de tout, des sports en direct aux podcasts de leurs créateurs préférés, principalement sur les écrans de télévision, et non un réseau social où les gens vont retrouver leurs amis. Nous avons également développé des outils dédiés comme des expériences supervisées pour les jeunes, guidées par des experts en sécurité des enfants, qui donnent le contrôle aux familles. »
José Castañeda, porte-parole de Google