Publié le 2025-10-09 06:01:00. Un ancien employé d’une agence de marketing témoigne de son licenciement soudain et déshumanisé par visioconférence après 13 ans de loyauté. Son histoire met en lumière une tendance croissante aux mises à pied expéditives, souvent dénuées de tact et de respect, même lorsque les employés ont contribué de manière significative au succès de l’entreprise.
- Un employé licencié après 13 ans par visioconférence, sans indemnité ni préavis.
- Le licenciement est survenu malgré sa contribution essentielle à la création d’un produit toujours rentable pour l’entreprise.
- Des experts dénoncent ces méthodes de licenciement déshumanisantes, appelant à plus de respect et d’empathie.
Pour Eric (nom d’emprunt), le chiffre 13 s’est avéré particulièrement funeste. Après une décennie et demie au sein d’une agence de marketing, il a été brutalement congédié. Ce qu’il décrit comme une mise en scène insensée s’est déroulé lors d’un appel Zoom où 13 employés ont été informés simultanément : « Il n’y a pas de manière facile de dire ceci : aujourd’hui est votre dernier jour. » Zéro indemnité de départ, aucun avertissement, juste un discours convenu sur les contraintes budgétaires et les décisions difficiles.
Le comble de l’ironie pour Eric réside dans le fait qu’il est à l’origine de la gamme de produits que l’entreprise continue de vendre. Lorsqu’il a rejoint l’agence, personne n’avait d’expérience dans son domaine. Eric a dû tout bâtir à partir de zéro, se formant continuellement et s’adressant à des mentors externes pour finalement faire de ce service la principale source de revenus de l’entreprise. Désormais, ce travail est sous-traité à des freelances via la plateforme Upwork.
L’expérience d’Eric n’est qu’un exemple parmi d’autres de licenciements de plus en plus maladroits. Les employeurs recourent à des méthodes impersonnelles, qu’il s’agisse d’e-mails de masse ou d’appels Zoom. Mita Mallick, stratège en milieu de travail et auteure de « Les e-mails du diable à minuit : ce que les bons dirigeants peuvent apprendre des mauvais patrons », a un message clair pour les employeurs qui utilisent la technologie pour annoncer de mauvaises nouvelles : « Un licenciement massif n’est pas une excuse pour ne pas proposer de conversations en personne et traiter vos employés avec la gentillesse et le respect qu’ils méritent. »
« Un licenciement massif n’est pas une excuse pour ne pas proposer de conversations en personne et traiter vos employés avec la gentillesse et le respect qu’ils méritent. »
Mita Mallick, stratège en milieu de travail et auteur
Ce qui a le plus blessé Eric, c’est le discours hypocrite de la direction sur la « famille » alors qu’elle le mettait à la porte. Il a d’ailleurs interpellé ses interlocuteurs : « C’est une affaire. Ne nous appelez pas une famille quand vous êtes aussi insensible. Les membres de la famille ne se feraient pas ça. » Selon lui, les larmes de crocodile n’ont fait qu’aggraver l’affront.
Heureusement, Eric avait anticipé cette instabilité en occupant un second emploi depuis près d’un an. Dès l’annonce des licenciements, il a contacté son employeur à temps partiel, qui l’a rapidement embauché à temps plein.
L’expérience dans son ancienne entreprise lui a rappelé un épisode de la série « Succession », caractérisée par sa distance, sa déshumanisation et son approche purement axée sur les chiffres. Ce qui le dérange le plus, ce n’est pas tant la perte de son emploi que la manière dont la direction a géré la situation. Selon lui, un préavis, même court, aurait permis à l’équipe de se préparer. Une plus grande transparence sur la santé financière de l’entreprise, au lieu de faire croire que tout allait bien, aurait également été appréciable.
Eric a eu la chance de se retrouver rapidement ; ce n’est pas le cas de tout le monde. Son expérience confirme les nombreuses histoires qu’il avait entendues sur la façon dont les entreprises traitent leurs employés lorsqu’elles traversent des difficultés. « Ce ne sont que des affaires », semblent-ils hausser les épaules. Or, le licenciement a des répercussions sur pratiquement tous les aspects de la vie d’une personne, un point que, selon Eric, la direction devrait garder à l’esprit.