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Les jeunes Canadiens sont confrontés à l’anxiété et à l’épuisement professionnel dans un marché du travail difficile

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Publié le 10 octobre 2025. Un sondage récent révèle qu’une majorité de jeunes Canadiens repensent leurs aspirations professionnelles et regrettent leurs choix d’études face à un marché du travail difficile. La recherche d’emploi s’avère complexe, engendrant anxiété et épuisement professionnel chez cette génération.

  • Plus de la moitié des 18-25 ans ont revu leurs plans de carrière.
  • Un tiers souhaiterait avoir choisi une autre filière d’études.
  • Le chômage chez les jeunes a atteint son plus haut niveau depuis 2010, hors période de pandémie.

La recherche d’un premier emploi s’apparente à un parcours du combattant pour de nombreux jeunes diplômés canadiens. Davia Figueira-Knight, 23 ans, étudiante en service social à Toronto, témoigne de sa frustration après une année entière consacrée à postuler et à réseauter sans succès. « J’ai l’impression de ne pas être qualifiée pour beaucoup de ces postes, surtout ceux de niveau débutant qui demandent pourtant beaucoup », confie-t-elle. Ce sentiment d’inadéquation est amplifié par un marché du travail canadien en berne, particulièrement pour les jeunes cherchant à intégrer le monde professionnel.

Une enquête menée en juillet 2025 par Simplii Financial et Ipsos Canada met en lumière cette préoccupation croissante. 54 % des 18-25 ans ont modifié leurs projets de carrière, et seulement 48 % se disent confiants quant à leur capacité à trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme. La difficulté à décrocher un emploi d’été ou à temps partiel est également soulignée, avec 66 % des jeunes estimant la situation plus ardue que les années précédentes.

Ali Jaffrey, économiste chez CIBC et Simplii Financial, confirme que la période est particulièrement éprouvante pour les jeunes demandeurs d’emploi. Le taux de chômage des 15-24 ans avoisine les 15 %, un niveau inédit depuis plusieurs années, bien avant la crise sanitaire. En juillet, ce taux atteignait 14,6 %, son plus haut niveau depuis 2010 hors périodes de pandémie, et n’a connu qu’une légère baisse en août.

Plusieurs facteurs contribuent à cette conjoncture difficile. La guerre commerciale persistante freine les embauches. En Ontario, les droits de douane américains ont entraîné la suppression de 38 000 emplois au deuxième trimestre 2025, touchant majoritairement le secteur manufacturier. Les jeunes de cette province sont particulièrement affectés, 59 % déclarant des difficultés à trouver un emploi d’été, contre 53 % au niveau national. Les postes de débutant, souvent les premiers à être supprimés en période de ralentissement, sont particulièrement menacés.

À cela s’ajoute une offre de main-d’œuvre accrue, notamment du fait de l’immigration, qui intensifie la concurrence sur le marché du travail. L’essor de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle pourrait également accentuer la pression sur un marché déjà fragile.

Face à ces obstacles, Davia Figueira-Knight a réorienté ses recherches vers le secteur technologique, espérant y trouver un emploi stable et un avenir plus sûr, à l’instar de son père. Malgré plus de 80 candidatures, elle attend toujours une réponse. Ce cycle de refus répétés pèse sur son moral. « J’ai l’impression d’être épuisée », confie-t-elle. « J’ai juste envie de ne plus sortir, de ne plus socialiser. On se sent découragé, surtout quand on est entouré de personnes qui ont un emploi. »

Miriam Groom, PDG de Mindful Career, un cabinet d’orientation professionnelle et scolaire basé à Montréal, observe une montée en flèche de l’anxiété et de l’épuisement professionnel chez les jeunes Canadiens. « Beaucoup subissent une pression constante de réussir rapidement, tout en se comparant à leurs pairs en ligne, ce qui exacerbe cette anxiété et conduit souvent à un épuisement émotionnel avant même d’entrer sur le marché du travail », explique Mme Groom, dont l’entreprise accompagne plus de 250 étudiants chaque mois.

Cet épuisement, souvent lié à l’anxiété, au doute de soi et au stress du « bon » choix de carrière, se manifeste par un isolement et un désir de tout recommencer. Mme Groom conseille aux jeunes Canadiens d’ajuster leur stratégie de candidature et de se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler. Elle suggère d’accepter des missions indépendantes ou temporaires pour acquérir de l’expérience et des revenus, et de rester ouvert à toute opportunité d’évolution. « Il est plus important de mettre un pied dans la porte et de faire ses preuves que d’attendre le poste parfait », insiste-t-elle.

« Le monde vous appartient, une fois que vous savez où vous allez », conclut-elle. « L’anxiété diminuera, vous aurez un objectif, et cela fait du bien. »

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