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À l’occasion de la Journée de la santé mentale, mettez fin à la coercition et adoptez la dignité

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Publié le 2025-10-10 00:00:00. Un nouveau rapport de Human Rights Watch dénonce des pratiques coercitives et indignes dans la prise en charge de la santé mentale au Nigeria et appelle à une transformation radicale des systèmes de soins. L’organisation met en lumière des cas tragiques, comme celui d’une jeune femme décédée après avoir été retrouvée enchaînée.

  • Des milliers de personnes souffrant de troubles psychiques sont enfermées ou soumises à des mesures restrictives dans des institutions publiques et privées, y compris des centres traditionnels et religieux.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît la gravité de ces pratiques, telles que l’enchaînement, et appelle à les remplacer par des soins respectueux des droits.
  • Des modèles de soins alternatifs, centrés sur la communauté, le soutien individuel et le respect de l’autonomie, existent et devraient être généralisés.

Le sort tragique d’une jeune femme de 25 ans, retrouvée ligotée et en état de faiblesse avancée dans une institution publique de Kano, au Nigeria, en novembre 2024, symbolise la détresse et la négligence que subissent de nombreuses personnes atteintes de troubles de santé mentale. Sourde et souffrant de problèmes psychiques, elle a succombé à ses maux le lendemain de sa découverte par Human Rights Watch.

Cette affaire n’est malheureusement qu’un exemple extrême des pratiques coercitives documentées par l’organisation à travers le monde, et particulièrement au Nigeria. Des milliers d’individus sont contraints dans des centres de guérison traditionnels ou confessionnels, où l’enchaînement, l’isolement et d’autres formes de contention sont monnaie courante. Ces méthodes, loin d’apporter un soulagement, engendrent traumatisme et méfiance, compromettant toute perspective de rétablissement.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a elle-même tiré la sonnette d’alarme, soulignant que ces pratiques coercitives demeurent « omniprésentes et profondément problématiques ». L’organisation internationale insiste sur l’impact dévastateur de la contention physique et de l’isolement forcé, qui peuvent être particulièrement traumatisants pour les personnes en situation de vulnérabilité psychique. Dans un récent appel à l’action, l’OMS exhorte les gouvernements à transformer leurs politiques en matière de santé mentale, en remplaçant les approches punitives par des services qui privilégient l’autonomie, la dignité et le libre choix des individus.

Face à ce constat alarmant, Human Rights Watch met en avant l’existence de modèles de soins alternatifs, efficaces et respectueux des droits humains. L’organisation cite notamment le travail du Gerstein Crisis Centre de Toronto, qui offre une aide immédiate et personnalisée aux personnes en détresse mentale aiguë. Ce centre privilégie l’écoute active, la création d’espaces sécurisants et le soutien individuel, permettant aux personnes de retrouver un sentiment de contrôle et de sécurité.

Au-delà de l’urgence des soins, le rapport souligne la nécessité d’une approche globale qui prend en compte les facteurs sociaux, économiques et discriminatoires qui entravent l’accès aux soins et le bien-être des personnes souffrant de troubles psychiques. Le logement, la lutte contre la stigmatisation et la prévention de l’exclusion sont autant de piliers essentiels pour garantir que chacun, indépendamment de sa condition, puisse accéder à des services de santé de qualité et être traité avec le respect et la dignité qu’il mérite.

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