Publié le 2024-05-21 00:00:00. Une décision de justice fédérale vient d’annuler une loi de l’État de New York interdisant le rejet d’eaux usées radioactives dans l’Hudson, ouvrant la voie à des déversements par la société Holtec, chargée de la démolition de la centrale d’Indian Point.
- La loi « Save the Hudson », votée en 2023, interdisait tout rejet de déchets radioactifs dans les cours d’eau de l’État.
- Un juge fédéral a estimé que la loi fédérale prime sur celle de l’État, autorisant ainsi Holtec à procéder selon une réglementation fédérale jugée plus souple.
- Holtec pourra rejeter jusqu’à 45 000 gallons (environ 170 000 litres) d’eau tritiée par an, pour un total potentiel de 1,5 million de gallons (environ 5,7 millions de litres) dans les années à venir.
Le mois dernier, une décision du tribunal fédéral a balayé une loi de l’État de New York, « Save the Hudson », qui visait à protéger les cours d’eau contre le déversement de déchets radioactifs. Le juge Kenneth Karas a statué que la législation fédérale prime dans ce cas, permettant ainsi à Holtec, l’entreprise en charge du démantèlement de la centrale nucléaire d’Indian Point, située dans le comté de Westchester, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Manhattan, de poursuivre ses activités selon un cadre réglementaire fédéral plus permissif.
Ces réglementations fédérales autorisent notamment le rejet d’eaux usées contaminées par le tritium, un sous-produit de l’énergie nucléaire reconnu comme cancérigène. Le volume autorisé s’élève à environ 45 000 gallons (environ 170 000 litres) par an, et pourrait atteindre un total de 1,5 million de gallons (environ 5,7 millions de litres) sur plusieurs années. Si ces quantités sont inférieures aux seuils considérés comme problématiques par les autorités fédérales, elles soulèvent toutefois des inquiétudes quant à leur impact et aux précédents qu’elles pourraient créer.
Pour les organisations de surveillance environnementale telles que Riverkeeper, cette décision est préoccupante, notamment parce qu’elle intervient à un moment où l’Hudson redevient une voie navigable appréciée pour les loisirs. « La principale préoccupation de Riverkeeper et des responsables de l’État de New York concerne l’impact de cette décision sur la perception publique de l’Hudson », explique Larissa Liebmann, juriste chez Riverkeeper. « Les gens ne fréquentent la rivière pour la baignade que depuis peu, et les surfeurs n’ont retrouvé des conditions fiables et sûres dans la zone de surf, qui s’étend de Rockaway Beach à des plages du New Jersey, que très récemment. »
« Holtec dispose d’un moyen très simple de réduire considérablement le risque. Le tritium a une demi-vie de 12 ans. L’entreprise pourrait simplement stocker ces eaux pendant 12 ans, et leur radioactivité serait alors divisée par deux. Cela contribuerait grandement à rassurer le public et à maintenir son envie d’interagir avec le fleuve Hudson. »
Larissa Liebmann, juriste chez Riverkeeper
Les défenseurs de l’environnement soulignent que des pratiques plus prudentes, couplées à une communication transparente, pourraient apaiser les craintes. Ils ne demandent pas l’arrêt du démantèlement d’Indian Point ni la contamination des eaux, mais simplement un délai supplémentaire pour réduire les effets nocifs des eaux tritiées. Une approche qui, selon eux, contribuerait à maintenir la confiance du public envers un fleuve Hudson redevenu attractif.
Pour en savoir plus sur le démantèlement d’Indian Point et faire part de vos préoccupations, consultez la page dédiée du ministère des Services publics de l’État de New York. Pour découvrir comment vous engager auprès de Riverkeeper, visitez leur site internet : Riverkeeper.org.