Après des mois de conflits dévastateurs, Israël et le Hamas ont franchi une première étape vers un apaisement. Un accord partiel, salué par certains comme le début d’un processus de paix, prévoit la libération d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens, ainsi qu’un retrait progressif de l’armée israélienne de la majeure partie de Gaza. Parallèlement, l’acheminement de l’aide humanitaire vers la population palestinienne, estimée à près de 2 millions de personnes, devrait être considérablement intensifié.
Une première phase encourageante, mais des défis majeurs persistent
Cette avancée, si elle soulage les parties belligérantes, ne marque pas la fin des hostilités. D’autres points cruciaux restent à négocier, notamment le désarmement des combattants du Hamas, l’éventuelle mise en place d’une force de stabilisation internationale à Gaza et l’édification de nouvelles structures politiques pour un État palestinien débarrassé de la présence du Hamas. L’accord, qui pourrait voir le retour des otages restants dans les prochains jours, exige en contrepartie la libération de près de 2 000 Palestiniens détenus en Israël et la restitution de quelque 400 corps de militants tombés au combat.
La question centrale demeure : cet accord mettra-t-il un terme définitif à la guerre ? Si l’espoir est palpable des deux côtés, et si le président américain Donald Trump a clairement manifesté sa conviction que cet échange d’otages signifierait la fin des combats, la route est encore longue. La mise en œuvre du plan présidentiel, détaillant une série de mesures incluant le désarmement du Hamas, l’instauration d’une force de sécurité internationale et la création de nouvelles instances dirigeantes à Gaza sans le Hamas, s’annonce complexe. Ce plan, qui ouvre la voie à un État palestinien, pose des conditions difficiles tant pour le Hamas que pour Israël.
Une force internationale, une perspective incertaine
L’idée d’une force de sécurité internationale, censée assurer la stabilité pour la reconstruction de Gaza, reste pour l’heure théorique. Bien que des pays comme l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Indonésie aient été évoqués par la presse et les analystes, aucun État ne s’est encore officiellement proposé pour déployer ses troupes dans la bande de Gaza. L’établissement d’une telle force soulèverait ensuite d’épineuses questions de commandement, de contrôle et de coordination avec les Forces de défense israéliennes.
L’aide humanitaire et le retour des déplacés, une lueur d’espoir
Sur le plan humanitaire, l’accord prévoit une amélioration significative. Dès les cinq premiers jours suivant le cessez-le-feu, 400 camions d’aide devraient parvenir quotidiennement à Gaza, avec une augmentation prévue par la suite. Ces livraisons seront supervisées par les agences des Nations Unies déjà impliquées dans la distribution de l’aide. Des centaines de milliers de Palestiniens déplacés par le conflit pourraient également retrouver leurs foyers, même si la destruction massive à Gaza laisse présager que nombre d’entre eux n’auront plus de logement.
Un contexte diplomatique sous tension
Plusieurs facteurs expliquent la volonté des parties de progresser. Il semblerait que le président Trump ait saisi une opportunité après l’échec de la frappe israélienne visant des dirigeants du Hamas à Doha le 9 septembre. Les critiques internationales de cette opération, émanant notamment des partenaires arabes d’Israël, ainsi que la déclaration du président américain sur son « mécontentement », auraient mis le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en position défensive. Si l’opération n’a pas atteint ses objectifs, elle a néanmoins inquiété le Qatar, qui a exigé des États-Unis des garanties contre de futurs incidents. Le 29 septembre, le président américain a publié un décret garantissant la sécurité du Qatar, en échange d’une pression accrue sur le Hamas pour libérer les otages. Des spéculations font également état d’un changement dans la couverture médiatique du conflit par la chaîne Al Jazeera, financée par le Qatar, et d’une possible obligation pour les dirigeants du Hamas de quitter Doha. Le président américain s’est ainsi aligné sur une majorité d’Israéliens favorables à la priorité donnée au retour des otages par rapport à l’éradication du Hamas, accentuant la pression sur M. Netanyahu. La Maison Blanche a par la suite obtenu le soutien de pays arabes et musulmans influents pour inciter le Hamas à accepter l’accord.
Un processus de paix durable, un horizon lointain
La question d’un nouveau processus de paix durable entre Israéliens et Palestiniens semble peu probable à l’heure actuelle. L’opinion publique israélienne, marquée par les événements du 7 octobre, semble peu réceptive à une solution à deux États, convaincue que les Palestiniens ne souhaitent pas cohabiter pacifiquement. Le paysage politique palestinien est quant à lui fracturé : l’Autorité palestinienne est perçue comme corrompue, illégitime et affaiblie, tandis que le Hamas a subi des revers significatifs. Il faudra du temps pour que la classe politique palestinienne se recompose et pour que la population de Gaza, meurtrie par une guerre dévastatrice, puisse envisager un avenir apaisé.