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Pourquoi Davos ne pleure pas pour l’Argentine – POLITICO

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Publié le 12 octobre 2025 10:36:00. Les États-Unis cherchent à renforcer leur influence en Amérique latine en proposant une ligne de swap de dollars à l’Argentine, une manœuvre perçue comme un contrepoids à l’accord existant avec la Chine. Cette initiative vise à stabiliser la monnaie argentine tout en marquant une position géopolitique forte dans la région.

  • L’administration américaine, par le biais de son envoyé spécial pour l’Amérique latine, a publiquement critiqué la ligne de swap de 18 milliards de dollars entre l’Argentine et la Chine, la qualifiant d' »extorsion ».
  • Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a confirmé des négociations pour une ligne d’échange directe de dollars, espérant ainsi supplanter l’influence chinoise et stabiliser le peso argentin.
  • Des experts expriment des doutes quant à la durabilité de ces mesures, estimant qu’elles pourraient n’offrir qu’une solution temporaire aux problèmes économiques de l’Argentine.

La confiance dans le programme économique du président argentin Javier Milei semblait s’éroder lorsque l’attention s’est portée sur la possibilité d’un soutien financier américain conditionné à l’annulation d’un accord préexistant avec Pékin. Cet accord, une ligne de swap de 18 milliards de dollars, a été qualifié d' »extorsion » par l’envoyé spécial américain pour l’Amérique latine, Mauricio Claver-Carone. En septembre, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait déjà alimenté les spéculations en confirmant des négociations pour une ligne d’échange de dollars directe entre les deux nations, renforçant l’idée d’une tentative américaine de réduire l’influence chinoise dans la région. Cette perspective avait eu un impact positif immédiat sur le peso argentin, freinant sa dépréciation.

Le cours du dollar, après avoir atteint un pic de plus de 1 475 pesos, s’était replié à 1 421 vendredi soir en Europe, soutenu par l’annonce imminente d’un plan de soutien de Washington. Toutefois, la durée de cet effet demeure incertaine. Pour l’heure, Scott Bessent et le Fonds Monétaire International (FMI) semblent maintenir une ligne optimiste, affirmant que la stabilité promise par les politiques de Milei n’est qu’une question de temps. Bessent a d’ailleurs présenté cette intervention américaine non pas comme un plan de sauvetage, mais plutôt comme une opération commerciale.

« Il ne s’agit pas du tout d’un plan de sauvetage, aucun argent n’est transféré », a-t-il précisé jeudi sur Fox News. Il a rappelé que, dans le cadre d’une ligne de swap, les deux parties s’accordent sur l’échange de devises, avec l’engagement de renverser la transaction à terme. Bessent s’est montré confiant, arguant que le FMI n’a jamais subi de pertes avec ce type d’accord et ne pense pas en subir cette fois-ci, d’autant plus que le peso argentin serait, selon lui, « sous-évalué ».

Il a également souligné le rôle de l’Argentine en tant qu’allié important des États-Unis, déterminé à contrer la présence chinoise en Amérique latine, et a indiqué que les États-Unis utilisaient ce pays comme un « exemple ». Cependant, tous ne partagent pas cet optimisme. Steve Hanke, professeur à l’Université Johns Hopkins et expert en programmes de réforme monétaire, a exprimé son scepticisme : « Ils ont fait cela encore et encore », a-t-il déclaré, estimant que le dispositif actuel ne constituerait qu’« un petit pansement temporaire, mais il ne durera pas très longtemps ».

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