Publié le 2025-10-13 15:29:00. La Cour suprême indienne a ordonné le transfert de l’enquête sur la tragédie de Karur au Bureau central d’enquête (CBI), invoquant la nécessité de restaurer la confiance du public face aux déclarations potentiellement biaisées d’officiers de police locaux et à la « connotation politique » de l’affaire.
- 41 personnes ont perdu la vie lors d’une bousculade à Karur le 27 septembre 2025.
- La Cour suprême a exprimé des doutes sur l’impartialité de l’enquête menée par la police locale suite à des déclarations médiatiques.
- Le CBI est désormais chargé de l’enquête, sous la supervision d’un comité de trois membres.
La Cour suprême a souligné que les commentaires publics de hauts responsables de la police du Tamil Nadu, particulièrement ceux qui disculpaient d’emblée leurs subordonnés dans l’affaire de la bousculade de Karur, sont susceptibles d’altérer la perception publique quant à l’impartialité de l’enquête en cours menée par l’équipe spéciale d’enquête (SIT) de l’État. L’affaire, qualifiée de « politique » par la Cour, a des répercussions graves sur la confiance des citoyens dans l’administration de la justice.
Dans sa décision rendue par un banc composé des juges JK Maheshwari et NV Tallo, la Cour a affirmé que, compte tenu de la gravité de l’incident et de son contexte politique, les déclarations médiatiques des officiers supérieurs peuvent semer le doute sur l’équité de l’enquête. Les requérants avaient avancé qu’une enquête menée par le même corps de police, dont les dirigeants avaient déjà exonéré publiquement leurs subordonnés, manquerait intrinsèquement d’équité et d’impartialité. La Cour a conclu que ce seul fait suffisait à susciter des interrogations dans l’esprit du public quant à l’indépendance de l’enquête.
La tragédie de Karur a secoué la conscience nationale
La bousculade de Karur, survenue le 27 septembre 2025 lors d’un rassemblement politique organisé par le TVK, a laissé une « empreinte indélébile dans l’esprit des citoyens de tout le pays », a constaté la Cour suprême. Le bilan de 41 morts et plus de 100 blessés soulève des questions fondamentales sur les droits des victimes et nécessite une enquête « juste, indépendante et crédible ».
« La confiance du grand public dans le processus d’enquête doit être restaurée dans le système de justice pénale, et une façon d’instaurer cette confiance consiste à garantir que l’enquête soit totalement impartiale, indépendante et impartiale. »
Le Bureau central d’enquête (CBI) prend les rênes de l’enquête
Dans l’exercice de ses pouvoirs extraordinaires visant à garantir la confiance publique, la Cour suprême a émis plusieurs directives provisoires. L’enquête concernant le premier rapport d’information (FIR) n° 855/2025, enregistré au poste de police de Karur, est transférée au CBI.
- Le directeur du CBI désignera un officier supérieur pour prendre en charge le dossier et constituer une équipe d’enquête.
- Le surintendant de police de Karur, le SHO du poste de police de Karur, ainsi que le SIT constitué par la Haute Cour et la commission d’enquête mise en place par le Ministre en Chef, ont reçu l’ordre de remettre immédiatement tous les dossiers, preuves et documents numériques au CBI.
De plus, la Cour a mis en place un comité de surveillance composé de trois membres, dirigé par l’ancien juge de la Cour suprême Ajay Rastogi et deux officiers supérieurs de l’IPS (choisis par le juge Rastogi), chargé de superviser les travaux du CBI.
La nécessité de restaurer la confiance dans les enquêtes
La Cour a rappelé que cette affaire a des implications importantes pour la vie des citoyens et que le droit à une enquête équitable fait partie intégrante du droit à la vie et à la liberté, tel que garanti par la Constitution indienne.
« Il ne fait aucun doute qu’une enquête équitable est un droit du citoyen. »
La bousculade avait eu lieu lors d’un meeting du TVK à Karur en septembre 2025, causant la mort de 41 personnes et blessant plus de 100 autres. La Haute Cour de Madras (Banc de Madurai) avait précédemment refusé d’ordonner une enquête du CBI, ce qui avait conduit à plusieurs saisines de la Cour suprême. Le TVK avait contesté devant la Cour suprême l’ordonnance de la Haute Cour de Madras de constituer un SIT composé exclusivement d’officiers du Tamil Nadu.