Home International Une Française dans la mère de toutes les batailles de marques avec DC Comics à propos de l’application parentale Wondermum | DC Comics

Une Française dans la mère de toutes les batailles de marques avec DC Comics à propos de l’application parentale Wondermum | DC Comics

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Publié le 14 octobre 2025 à 16:19:00. Une petite application française d’aide aux parents, « Maman merveilleuse », se retrouve au cœur d’une bataille juridique contre le géant américain DC Comics. Ce dernier estime que le nom de l’application, créé par une mère de famille de Caen, porte atteinte à la marque « Wonder Woman ».

  • Une lettre d’avocats, reçue le 1er avril, demande à Lise Sobéron de cesser d’utiliser le nom « Maman merveilleuse » pour son application.
  • DC Comics invoque une prétendue similitude avec sa célèbre héroïne, Wonder Woman, arguant d’une violation de ses droits de propriété intellectuelle.
  • Lise Sobéron dénonce une démarche disproportionnée et a lancé une cagnotte pour financer les frais juridiques face à ce qu’elle qualifie de combat de David contre Goliath.

L’histoire, qui a débuté par une missive des avocats français de DC Comics le 1er avril dernier, a d’abord été prise par Lise Sobéron pour une mauvaise blague. L’entreprise de super-héros prétend que le nom de son application, « Maman merveilleuse », crée une confusion avec celui de son personnage iconique, Wonder Woman.

« Quand j’ai reçu la lettre, j’ai appelé mes amis proches en pensant à un poisson d’avril », a confié la mère de famille. Rapidement, la réalité s’est imposée : la société américaine, propriétaire de Batman et Superman via Warner Bros., ne plaisantait pas. Les avocats de DC Comics ont demandé la cessation d’usage du nom, invoquant une atteinte aux droits de propriété intellectuelle.

Lise Sobéron, 43 ans, est une figure locale à Caen, en Normandie, où elle intervient dans les écoles pour lutter contre le harcèlement. Son application, lancée il y a deux ans, vise à répertorier les activités familiales, proposer des ateliers, des conseils et un espace de discussion. Elle insiste sur la différence fondamentale entre son application et l’univers fictif de Wonder Woman. « Ma Wondermum », précise-t-elle, ne porte pas de tenue moulante et étoilée, mais un simple t-shirt, un pantalon et des talons. Le logo, un hexagone rose et violet, contient les lettres « WM ». Elle souligne par ailleurs que « Wondermum » est un mot unique, à la différence de « Wonder Woman », et utilise l’orthographe britannique du mot « maman ».

L’origine du nom est particulièrement touchante. C’est sa fille de 11 ans, Lou, qui l’a trouvé. Elle a souhaité honorer son père, Lounis, décédé en 2020 des suites de la maladie de Charcot. « Elle m’a dit que j’étais une vraie maman miracle, un vrai super-héros, et meilleure qu’un personnage de dessin animé parce que j’existe et eux non. Comment puis-je changer le nom après ça ? » s’interroge Lise Sobéron. Elle ajoute : « Le but du site est d’aider les parents, et 80 % des utilisateurs du site sont des mères, dont beaucoup élèvent seules leurs enfants comme moi. Nous sommes tous des super-héros mais nous n’avons aucun pouvoir, et c’est de cela qu’il s’agit. »

Cette affaire a un impact lourd sur la vie de l’ancienne conseillère financière. « Ça a été tellement stressant que j’ai perdu 8 kg en six mois », avoue-t-elle. « Il ne s’agit pas ici de s’attaquer au dépanneur local mais à un géant américain. » Une grande partie de ses revenus est désormais consacrée aux frais d’avocats. Face à cette situation, elle a lancé une campagne de financement participatif en avril.

« Au début, je ne voulais pas demander d’argent. C’était comme mendier et j’ai ma fierté. Mais maintenant, tout ce que je gagne va en frais juridiques. Mon avocate est une amie, donc elle ne me facture pas une fortune, mais elle ne peut pas travailler gratuitement », explique Lise Sobéron. DC Comics exigerait la suppression de tout le contenu du site, y compris le nom, les graphismes et le logo. Le coût de la refonte de l’application est estimé entre 20 000 et 30 000 €.

Maître Anne-Laure Boileau, avocate de Lise Sobéron, dénonce un argumentaire qui repose uniquement sur la similitude du préfixe « merveille ». « Au-delà de ce préfixe et au-delà de la référence aux femmes, il n’y a pas de similitudes visuelles ou graphiques, et surtout, on a affaire à des concepts complètement différents », a-t-elle déclaré à la télévision française. Le cabinet Beau de Loménie, représentant DC Comics, a pour sa part indiqué au Parisien en avril que « DC Comics est une entreprise qui a beaucoup investi dans ses droits de propriété intellectuelle et souhaite les préserver. Il n’y a aucune intention de nuire à cette dame, et en fait, DC Comics adopte une démarche amiable pour tenter de parvenir à un accord. »

Lise Sobéron, qui n’a vu aucune solution concrète proposée par DC Comics hormis le changement de nom et de graphismes, maintient : « Je ne sais vraiment pas pourquoi ils font ça. C’est une véritable bataille de David contre Goliath, que j’espère juste pouvoir gagner. »

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