Publié le 15 octobre. Le graphiste et militant Fahmi Reza a obtenu l’autorisation de la Haute Cour de Malaisie pour contester une interdiction de voyager présumée qui lui aurait été imposée. Cette décision ouvre la voie à un examen judiciaire de ce qu’il qualifie de restriction arbitraire de ses droits.
- Fahmi Reza, 48 ans, a obtenu le droit de poursuivre une demande de contrôle judiciaire contre une interdiction de voyager présumée.
- Il conteste l’inscription de son nom sur une liste de surveillance des déplacements par la police et le ministère de l’Immigration.
- Le militant dénonce une restriction de sa liberté et de sa vie privée, sans base légale apparente.
La juge Aliza Sulaiman a accordé le 15 octobre l’autorisation au graphiste pour engager cette procédure, fixant une prochaine audience au 30 octobre. Le représentant du gouvernement, l’avocat fédéral principal Faisal Noor, n’a pas soulevé d’objection à cette requête.
Fahmi Reza cherche à contester une décision présumée des autorités datant du 7 juin, qui l’aurait empêché de quitter le territoire, ainsi que son inscription sur une liste de surveillance des déplacements gérée par la police et le ministère de l’Immigration. Cette inscription entraînerait, selon lui, un interrogatoire systématique à chaque tentative de départ.
Le militant a désigné l’inspecteur général de la police, le directeur général de l’immigration, le ministre de l’Intérieur et le gouvernement malaisien comme défendeurs dans cette affaire. Dans sa déclaration sous serment, Fahmi Reza a décrit cette mesure comme une atteinte à sa liberté, à sa vie privée et à sa liberté de mouvement, affirmant qu’il n’existait aucun fondement juridique pour justifier une telle restriction.
« J’ai été retenu dans une pièce et interrogé sur mes projets de voyage. Ce processus peut durer plusieurs heures », a-t-il témoigné, précisant n’avoir fait l’objet d’aucune inculpation ni enquête active.
Fahmi Reza
« Mon maintien continu sur la liste de surveillance des déplacements, malgré l’absence d’enquête active ou de procédure pénale en cours, constitue une forme de sanction extrajudiciaire visant à supprimer mes droits constitutionnels. »
Fahmi Reza
Il soutient que l’application arbitraire de ces mesures et le manque de transparence de la part des autorités violent ses droits fondamentaux, garantis par l’article 8, paragraphe 1, de la Constitution fédérale. Fahmi Reza estime avoir une attente légitime de pouvoir voyager librement, sauf s’il existe une restriction légale explicite.
Le militant réclame des dommages et intérêts d’un montant de 408 RM pour préjudices spéciaux, ainsi que des dommages et intérêts généraux, exemplaires et aggravés qui devront être évalués par le tribunal. Il est représenté par l’avocat Yohendra Nadarajan.
La prétendue interdiction de voyager avait fait surface suite à une arrestation de Fahmi Reza au terminal 2 de l’aéroport international de Kuala Lumpur, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Singapour. Un agent de l’immigration lui aurait alors indiqué que le département de Bukit Aman avait refusé de lui accorder une autorisation de sortie.
Suite à cet incident, l’inspecteur général de la police de l’époque, Tan Sri Razarudin Husain, avait qualifié l’interdiction de « malentendu », affirmant que la restriction avait été « imposée à tort » à l’encontre de Fahmi Reza.