Publié le 17 octobre 2025. Les Nations Unies et l’Union africaine ont fermement condamné le coup d’État militaire à Madagascar, où le colonel Michael Randrianirina a pris le pouvoir après des semaines de protestations populaires. Le chef de l’État, Andry Rajoelina, est introuvable.
- Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
- Le coup de force fait suite à des manifestations massives orchestrées par le mouvement « Génération Z Madagascar ».
- L’Union africaine a suspendu le pays de toutes ses activités et dépêche une délégation pour rétablir la stabilité.
Antananarivo est plongée dans l’instabilité après que des unités des forces armées, menées par le colonel Michael Randrianirina et notamment le commando CAPSAT, ont annoncé avoir pris le contrôle du pays. Cette intervention militaire survient après trois semaines de mobilisation populaire intense, durant lesquelles des jeunes, regroupés sous la bannière « Génération Z Madagascar », ont dénoncé la corruption, le népotisme et la dégradation des services publics.
Le colonel Randrianirina a déclaré qu’un conseil militaire dirigera le pays pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans, avant la tenue de nouvelles élections. L’armée justifie cette transition forcée par une « pression sociale et politique croissante », dans un pays marqué par une pauvreté endémique, des sécheresses récurrentes, la famine et une crise institutionnelle profonde. Il s’agit du quatrième coup d’État militaire depuis l’indépendance de l’île en 1972, les précédents ayant eu lieu en 1975, 2009 et désormais en 2025, le commando CAPSAT ayant joué un rôle clé dans les deux derniers changements de pouvoir.
La communauté internationale a réagi avec préoccupation. L’Union africaine (UA) a décidé de suspendre Madagascar de toutes ses activités, qualifiant ce coup d’État de « menace pour la stabilité régionale », selon l’agence EFE. Le président de l’UA, João Manuel Gonçalves Lourenço, président de l’Angola, et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont annoncé l’envoi de missions diplomatiques et techniques à Antananarivo pour tenter de rétablir la légalité constitutionnelle. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a réaffirmé la solidarité de l’organisation avec la population malgache et appelé à un « accord de paix ».
Les gouvernements de la France et des États-Unis ont également exprimé leur inquiétude. Paris a appelé à « préserver scrupuleusement la démocratie, les libertés fondamentales et l’État de droit », soulignant l’importance de la « responsabilité, de la modération et du dialogue » pour la stabilité. Washington a, de son côté, demandé le respect des droits fondamentaux et des normes démocratiques.