La série « Monster: The Ed Gein Story » sur Netflix a suscité une question troublante : le célèbre tueur en série Ed Gein a-t-il commis un meurtre supplémentaire alors qu’il était interné dans un hôpital psychiatrique ? La fiction suggère une confrontation violente avec une infirmière, mais la réalité est tout autre.
Dans le septième épisode de la série, Ed Gein, incarné par Charlie Hunnam, est dépeint en train de porter des sous-vêtements féminins au sein de l’établissement psychiatrique où il est détenu. Une nouvelle surveillante, Roz Mahoney, interprétée par Linda Reiter, lui intime l’ordre de cesser ce comportement dès son premier jour. Elle le qualifie de « tueur le plus tristement célèbre depuis Jack l’Éventreur » et promet de le traiter en conséquence, le plaçant sous escorte constante. Elle le décrit comme « malin » plutôt que « fou » et le traite de « menteur » lorsqu’il nie vouloir lui faire du mal.
La scène culmine avec Gein assassinant violemment Mahoney à l’aide d’une tronçonneuse. Il est important de noter que Gein n’a jamais utilisé un tel outil pour les deux meurtres dont il a avoué être l’auteur. Cependant, il est cité comme une source d’inspiration pour le personnage emblématique de Leatherface dans « Massacre à la tronçonneuse ». Après cet acte violent, Gein se réveille pour découvrir que Mahoney est vivante, révélant que le meurtre n’était qu’une hallucination particulièrement intense, provoquant chez lui un effondrement mental. Il est alors diagnostiqué schizophrène et traité par médicaments sous la supervision de Mahoney.
La réalité des faits : absence de meurtre en hôpital psychiatrique
Contrairement à la représentation dramatique de la série, Ed Gein n’a jamais tué d’infirmière dans un hôpital psychiatrique. Après avoir avoué ses crimes en 1957, à l’âge de 51 ans, il a passé le reste de sa vie, soit 26 ans, interné dans des établissements du Wisconsin. Initialement, il a été placé au Central State Hospital for the Criminally Insane, puis transféré au Mendota State Hospital.
Gein avait plaidé la non-culpabilité pour meurtre au premier degré en invoquant la folie. Des documents officiels, notamment une lettre datée du 19 décembre 1957 émanant du Central State Hospital suite à son interrogatoire, confirment qu’il souffrait de schizophrénie. Le rapport indiquait : « Il a été déterminé que Monsieur Gein souffrait d’un processus schizophrénique depuis un nombre indéterminé d’années et que ce processus schizophrénique se manifeste par des pensées délirantes. » Gein avait expliqué que ses actes étaient le résultat d’une « force extérieure agissant sur lui » et qu’il avait été choisi comme « un instrument de Dieu pour accomplir des activités qui lui étaient ordonnées ». Le rapport mentionnait également « au moins plusieurs incidents d’hallucinations olfactives, auditives et peut-être visuelles au cours des 12 dernières années », recommandant son internement comme « aliéné ».
Aucun incident de violence, et encore moins de meurtre, n’a été signalé durant son séjour dans les différentes institutions psychiatriques. Ed Gein est décédé en 1984, à l’âge de 77 ans, au Mendota Mental Health Institute.