Le 9 septembre 2025, un webinaire organisé par Just World Educational a scruté les répercussions d’une frappe israélienne sur le Qatar, interrogeant son impact sur la population de Gaza, le mouvement mondial pour la justice en Palestine, la géopolitique régionale et le rôle des institutions internationales.
L’événement, animé par Hélène Cobbana, présidente de Just World Educational (JWE), a réuni un panel d’experts de premier plan : le Palestino-Américain Ramzy Baroud, l’analyste palestino-britannique Dr. Azzam Tamimi, le professeur à la Northwestern University de Doha Dr. Khaled Hroub, l’ancien haut fonctionnaire des droits de l’homme de l’ONU Craig Mokhiber, et le militant pacifiste basé en Californie Rick Sterling. Ramzy Baroud et Rick Sterling sont membres du conseil d’administration de JWE, tandis que Azzam Tamimi et Khaled Hroub ont participé au projet de l’organisation en 2024 intitulé « Comprendre le Hamas et son importance ».
Au cours de cette discussion de 90 minutes, diffusée en direct, les intervenants ont analysé la frappe israélienne survenue deux jours plus tôt dans la capitale qatarie, Doha. Le Dr. Azzam Tamimi a insisté sur le fait que la priorité du Hamas demeurait la fin de la guerre à Gaza et le retrait israélien. Bien que des négociations soient encore envisageables du côté du Hamas, il a affirmé que les actions israéliennes ne témoignaient d’aucun réel désir de paix. « Il est tout simplement impossible de réformer le sionisme… C’est une idéologie qui justifie le vol, le meurtre et la tromperie », a-t-il déclaré, y voyant cependant une source d’espoir dans l’évolution de l’opinion mondiale défavorable à cette doctrine.
Le Dr. Khaled Hroub a exprimé le choc profond suscité au Qatar par cette attaque, la qualifiant de « trahison à la fois d’Israël et des États-Unis envers un allié clé de Washington ». Il a estimé qu’Israël agissait avec « un sentiment de puissance enivrante », bénéficiant d’un feu vert américain explicite. Cette situation, selon lui, pousse les élites du Golfe à réévaluer leur dépendance vis-à-vis de Washington et à explorer de nouvelles avenues pour la sécurité régionale.
Craig Mokhiber, qui a démissionné de son poste aux Nations Unies pour protester contre l’inaction de l’organisation face à la crise à Gaza, a qualifié les États-Unis de « complices zélés du génocide ». Il a souligné que le Conseil de sécurité de l’ONU était paralysé par le droit de veto américain, mais a rappelé que l’Assemblée générale conservait le pouvoir d’agir via la procédure « Union pour le maintien de la paix », permettant notamment l’imposition de sanctions, la création de tribunaux ou le déploiement de forces de protection.
« Si les Américains et les Israéliens sont ivres », a-t-il ajouté, « c’est d’impunité dont ils sont ivres. »
Ramzy Baroud a replacé l’attaque dans un contexte historique, la décrivant comme « un siècle d’agression sioniste et de soutien colonial occidental ». Il a présenté la lutte palestinienne comme « la dernière lutte anticoloniale mondiale », dont les échos résonnent à travers la planète. Il a identifié trois défis cruciaux pour la région : l’affirmation de la souveraineté arabe, l’instauration d’une paix durable pour tous les peuples, et la définition ainsi que le confinement du sionisme.
Rick Sterling, quant à lui, a mis en lumière les dynamiques internes aux États-Unis, notant la montée des mouvements populaires et des manifestations contre la politique israélienne. Il a également pointé du doigt les efforts du lobby pro-israélien visant à influencer le débat éducatif en assimilant toute critique d’Israël à de l’antisémitisme. Malgré ces obstacles, il a décelé des signes encourageants dans la mobilisation des étudiants, des travailleurs et des artistes qui refusent de rester silencieux.
Plusieurs thèmes centraux ont émergé tout au long de cette discussion :
- L’impunité d’Israël, rendue possible par la complicité américaine.
- Les défaillances profondes des institutions internationales.
- Les défis extrêmes, potentiellement fatals, auxquels se heurte désormais l’objectif de longue date d’une « solution à deux États » en Palestine.
- Et surtout, l’urgence impérieuse de mettre fin au génocide en cours à Gaza.
La vidéo intégrale du webinaire « L’attaque israélienne contre le Qatar : son impact » est disponible sur la chaîne YouTube de Just World Educational. L’organisation invite le public à la visionner et à la partager afin d’enrichir le débat mondial sur ces questions fondamentales.