Une règle obscure de l’USATF a failli priver l’équipe américaine d’une coureuse aux Championnats du monde de 24 heures de l’IAU 2025, déclenchant une vive polémique. L’affaire a été mise en lumière par le coureur et entraîneur Zach Bitter, qui a pointé du doigt cette procédure jugée archaïque et potentiellement préjudiciable.
Au cœur de la controverse se trouve une clause exigeant une confirmation verbale du retrait d’un athlète pour permettre son remplacement. Cette disposition, même en cas de tentatives infructueuses de contact avec l’athlète absent, a conduit à une situation délicate pour l’équipe américaine féminine. Cette année, Camille Herron, double médaillée d’or, a décidé de ne pas participer à l’épreuve. Son absence, non précédée d’un retrait verbal formel selon les critères de l’USATF, a contraint l’équipe à concourir avec cinq coureuses au lieu de six, et a bloqué l’intégration d’une remplaçante.
Zach Bitter a exprimé sa frustration sur X (anciennement Twitter) : « Une fois que vous pensez que l’USATF ne peut plus gâcher le sport de la course à pied, vous apprenez lors d’un championnat du monde (dans ce cas, les 24 heures), si un athlète de l’équipe décide de ne pas se présenter, il a besoin d’une confirmation verbale de son retrait afin de remplacer le coureur par un remplaçant. » Il a ajouté : « Je soupçonne que cette règle sera mise à jour après cette année, car je ne peux pas imaginer que l’USATF ait pensé que quelqu’un la transformerait en arme. »
La situation a cependant trouvé une issue heureuse grâce à une déclaration publique de Camille Herron. La championne a révélé sur X avoir rencontré des difficultés dans ses démarches auprès de l’USATF et de la commission juridique de l’Association Internationale des Ultrarunners (AIU) concernant une demande d’aménagement raisonnable pour des raisons de santé. Diagnostiquée de maladies neurodivergentes telles que l’autisme et le TDAH l’année précédente, elle avait besoin d’un environnement plus calme pour l’épreuve. Sa publication sur les réseaux sociaux, exprimant ses préoccupations et son intention de ne pas participer, a finalement été interprétée comme une notification suffisante par l’USATF.
Suite à cet aveu, Zach Bitter a confirmé un dénouement favorable : « Apparemment, l’USATF a convenu avec Pam Smith (chef d’équipe) que l’annonce de Camille sur les réseaux sociaux qu’elle ne viendrait pas était suffisamment claire pour permettre à une remplaçante de participer en tant que sixième coureuse aux Championnats du monde féminins de 24 heures des États-Unis. » Stella Springer a ainsi pu intégrer l’équipe américaine pour l’épreuve qui se déroulera sur une boucle de 1,5 kilomètre à Albi, en France.
Ce dénouement soulage Zach Bitter, qui reste cependant incisif quant à l’avenir : « Avec tout ce drame, nous pouvons certainement nous attendre à ce que l’USATF apporte des changements majeurs au cours de la saison 2026. Mais pensez-vous qu’un retrait verbal devrait être important pour échanger des athlètes lors d’événements majeurs ? » La question reste ouverte quant à la pertinence de telles règles à l’ère numérique et à la transparence désormais exigée dans le sport de haut niveau.